lundi 29 janvier 2024

En voiture...

 

Certains trouvent curieux que nous retournions vers des destinations déjà vues. Plusieurs croient que l’intérêt s’estompe et qu’avec le temps, le tout devient de plus en plus platonique. N’en croyez rien, car il y a toujours à découvrir et à chaque fois, nous remarquons qu’il y a plusieurs facettes à une médaille (comme on dit). Trois croisières mises bout-à-bout, nous permettent de faire les Caraïbes de l’est, de l’ouest et du centre-sud. La totale quoi! Notre premier arrêt, « Half Moon Cay » aux Bahamas, est une île qu’Holland America a acquise afin d’avoir une plage privée. La compagnie n’a aménagé que 18 000 m2 sur les 10 km2

afin de conserver un cadre naturel à l’île. Après une belle journée ensoleillée, nous nous dirigeons vers « Grand Turk » qui, la dernière fois, ne nous avait pas impressionné plus qu’il faut, si ce n’est la plage à perte de vue. Cette fois nous décidons de nous enfoncer un peu plus à l’intérieur des terres. Nous prenons place, pour une visite de deux heures, dans notre « cart de golf » et partons à la découverte des trésors cachés qui n’attendent que nous. C’est à la queue leu leu, roulant à gauche pour respecter les exigences locales, que nous nous déplaçons à une vitesse telle que nous pouvons voir toutes les subtilités qui s’offrent à nous. La cueillette sera mince.... Deux arrêts étaient prévus. Le premier, au centre-ville où s’étaient réunis tous les marchands de souvenirs de l’île et au musée avec un seul présentoir et un bar bien garni. Après cette visite remarquable, nous faisons le chemin inverse mais, toujours à gauche, pour revenir au bercail. La seule chose intéressante dans ce parcours c’est le tour en CART....

Nous nous disions qu’il ne fallait pas commencer trop vite dans nos découvertes mais, je me dis qu’il doit y avoir un commencement partout. Le prochain arrêt sera en République Dominicaine, plus précisément à « Amber Cove ». Nous nous sommes inscrits à une excursion qui a pour titre « Vue sur la montagne et la ville ». Nous nous assurons du moyen de transport qui, après expérience, peut être un certain gage de succès. C’est à bord d’un camion à aire ouverte que nous embarquons comme si nous participions à un safari. Pas mauvais comme idée surtout, pour les photographes du groupe. Au début, tout allait et nous constatons que les rues sont étroites et que notre véhicule est large. Qu’à cela ne tienne car, les motos se faufilent et les autos concèdent. Notre guide qui, sûrement un jour, a dû être vacciné avec une aiguille de gramophone, ne cesse de nous inonder de détails sur l’environnement, les différents édifices, sa famille et les us et coutumes de la place. Très intéressant mais il nous manquait un peu de temps pour digérer le tout au fur et à mesure de l’énonciation. Pendant ce temps, nous ne nous rendions pas compte que nous grimpions sans cesse depuis plus de vingt minutes. Le moteur, dans son effort de nous amener à bon port, laissait entendre une modulation de gémissements

continues (il était sur le p’tit bœuf, comme diraient les anciens). Rendus à destination nous pouvons vous certifier que ça valait le coup. Nous avions une vue magnifique car, nous étions à 790 mètres d’altitude, soit le point le plus élevé de la région. Une réplique du « Christ Rédempteur » et un magnifique jardin botanique nous accueillent les bras ouverts. Notre guide nous invite à le suivre dans un parcours aménagé afin de nous parler de la flore locale. Un vrai petit « frère Marie-Victorin » qui nous tient en haleine pendant plus de trente minutes de descente contrôlée. Nous remontons à bord et nous commençons la descente. Nous constatons que les râlements mécaniques étaient justifiés et recroisons les ouvriers qui entretenaient les abords de la route à la hachette. Le temps est magnifique. Notre guide est infatigable et n’arrête pas de nous abreuver de renseignements, d’anecdotes et de descriptions de toutes sortes. Il nous fait découvrir un « Puerto Plata » que nous ignorions. Après un court passage dans certaines rues typiques ayant des ressemblances avec notre « Petit Champlain », nous retournons à notre super calèche pour le retour au navire. Demain nous serons en mer avant d’accoster à « Bonaire », petite commune néerlandaise à statut particulier.

jeudi 25 janvier 2024

Avant l'eau


 

Nous voilà dans notre très modeste chambre à « Fort Lauderdale ». Je dis modeste, pour ne pas dire vieillotte, désuète, dépassée et rétrograde. Ne riez pas, le transporteur n’était pas mieux. D’abord, en utilisant « Air Canada », nous ne savons jamais à quoi nous attendre avec la qualité, la ponctualité et le changement de dernières minutes dans les horaires. Je vous explique. Nous avions acheté un vol direct, Québec - Fort Lauderdale, au printemps dernier. Au courant de l’été, nous recevons un avis nous informant que, par souci d’économie, le vol direct était suspendu et que notre nouvel itinéraire devait passé par Montréal. Vous vous doutez bien qu’un vol de trois heures trente et un départ à une heure raisonnable, venaient de faire un bon dans le temps. Pour faire des économies et rentabiliser ses dires, Air Canada utilise deux avions et un détour vers Montréal sans oublier les cinq heures supplémentaires demandés aux voyageurs. Après la vérification douanière obligatoire, nous nous dirigeons vers la porte d’embarquement. Assis et en attente, les haut-parleurs retentissent pour une demande express d’une préposée d’Air Canada. Cette dernière, craignant un manque de place dans les compartiments de l’avion, recherche des volontaires qui accepteraient de placer leur bagage de cabine avec ceux pris en charge par le transporteur, tout en précisant, que nous pourrons les récupérer à destination. Connaissant la réputation du transporteur, la décision a été facile à prendre.

Vous ai-je déjà dit que l’aéroport « PET » était un amalgame d’ingéniosité avec un soupçon d’empathie pour le voyageur? Je crois que non et, je ne le dirai pas non plus. Après une très longue marche pour nous rendre à la douane américaine où nous devons reprendre tout le processus mais, cette fois, sans les souliers et sans la ceinture. Après ce passage obligé, un imposant douanier aux yeux sévères appuyé d’une barbe ancestrale, recherche le propriétaire d’un sac-à-dos venant de passer aux rayons X. Adrienne s’avance pour prendre le dit sac...

Le douanier : C’est à vous ce sac?

Adrienne : Oui, tout en faisant le geste pour le récupérer!

- NE TOUCHEZ PAS (d’un ton autoritaire). C’EST QUOI?

- C’est de l’eau qui nous a été remis sur notre premier vol.

- VOUS N’AVEZ PAD LE DROIT (toujours avec la même délicatesse). Nous n’osons plus bouger, bouche bée devant cette infraction....

Après les réprimandes d’usage, nous avons pu nous diriger vers le site d’embarquement. Pas de demande spéciale et sans bousculade nous nous dirigeons vers les places préalablement désignées. Notre « Airbus » n’est plein qu’au deux tiers (toute une économie...). L’agent de bord, avant de donner les consignes de sécurité, précise qu’ « Air Canada » vient d’acheter cet appareil et qu’il est possible que les systèmes d’info divertissement aient des ratés. Nous espérions que ce problème n’était pas généralisé. Contre toute attente, le vol s’est très bien passé, ce qui met fin aux petits malheurs de début de voyage. Deux jours tranquilles dans un hôtel bien situé avec plein de bons petits restaurants nous préparent bien à la vie que nous aurons dans les prochains jours. 

mardi 16 janvier 2024

Salut l'hiver, bonjour soleil...

 

Bonjour tout le monde.  Un été un peu triste, un automne qui ne finissait plus de finir et un hiver tardif qui reprend le temps perdu, nous font signe qu'il est temps pour nous de partir.  Nous voilà près d'un autre départ vers des cieux plus cléments.  Vous pouvez visualiser, ci-dessous, notre parcours pour les prochains jours en mer.  Nous reviendrons, si vous acceptez, vous raconter notre quotidien.  Nous partons de Québec lundi matin.  Nous avions un vol direct au départ, avec "Air Canada" mais, par souci d'économie ils ont changé notre itinéraire en ajoutant une escale à Montréal et bien entendu avec notre consentement forcé.





samedi 29 avril 2023

C’est presque fini…

Notre dernière escale, avant de quitter la chaleur, a été « Cabo San Lucas » au Mexique.  Nous avons décidé, ce matin, d’embarquer à bord d’un bateau pirate qui nous a d’abord

amenés voir les rochers de la place, nous nous sentions comme à un Percé mexicanisé.  Par la suite, le capitaine nous a amené dans un coin où nous pouvions faire de la baignade et du « snorkeling ».  Le début de la saison touristique à Cabo San Lucas se situe entre le début avril et la fin septembre.  La raison de cette restriction est que l’eau est trop froide en dehors de cette période.  Après une tentative, je peux vous affirmer que la connexion pour le chauffe-eau n’était pas encore réparée.  Je suis un peu chochotte sur ce point et je me suis donc contenté de regarder les ours polaires se débattre autour du navire.  Après dix minutes de torture (c’est ce que je crois) mon ami revient à la raison et m’annonce que je n’ai pas raté grand-chose, comme on dit.  Lorsque le cuisto a constaté que tous les clients étaient revenus à bord, alors il s’est afféré à déballer ce que sera notre repas.  Tortillas de poulet, pasta à la ??, salsa, guacamole et croustilles accompagnés de boissons à volonté, le tout sera notre lot pour le
moment.  Nous ne le dirons jamais assez, les Mexicains savent comment faire la salsa et le guacamole.  Le repas terminé, les pirates se sont transformés en danseurs de rue et en athlètes accomplis pour nous divertir.  Tout à coup le bateau pirate se met en mouvement et se dirige directement sur d’autres embarcations qui se sont agglomérées au large.  Le capitaine revient-il à des amours d’un lointain passé?  Se lance-t-il à l’abordage pour une récolte d’or et de bijoux?  Tous les gens sont debout, un peu inquiets, jusqu’au moment où nous apercevons un doigt pointé dans une direction et un balbutiement qui attire l’attention.  Il parait qu’il y aurait des baleines dans le coin ce qui expliquerait le regroupement inhabituel en plein milieu de nulle part.  Après un certain temps, le capitaine rebrousse chemin car il n’y avait plus d’action.  Peut-être sommes-nous en présence d’un « cache-à-l’eau »?...  Nous revenons vers notre port d’attache après plusieurs bons moments passés en mer.  Nous retournons sur le Niew Amsterdam pour continuer notre route vers San Diego d’abord, et, par la suite vers Victoria et finalement Vancouver qui sera la fin de notre parcours pour cette année.


Dès que nous avons quitté la côte mexicaine, nous avons pu constater la fraicheur qui nous envahissait.  Les températures sont passées d’une moyenne de trente degrés Celsius à une moyenne plus près de seize degrés.  Nous ne nous plaignons pas mais, nous trouvons la transition un peu brusque.  Espérons que lorsque nous serons à San Diego nous aurons un petit moment de répit pour nous permettre, pour une Xième fois, de marcher dans les rues et de découvrir d’autres petits coins intéressants.  Auparavant nous devrons passer par la douane américaine car nous sommes considérés comme étant en transition provenant d’un autre pays et passant par les USA.  Autrement dit, tous les nouveaux, ceux qui débarquent et ceux qui sont en « transit » doivent impérativement passer par la vérification douanière.  Imaginez la scène.  Plus de deux milles passagers en plus des membres d’équipage doivent se présenter en personne devant le douanier.  Cinq cents passagers terminaient leur périple ici et ils ont pu passer devant les autorités selon les heures de sortie qui leur étaient attribuées.  Par la suite, malheureusement, la responsable de l’organisation a annoncé que tous les autres passagers pouvaient se présenter.  Je n’ai pas besoin de vous dire que, ce manque de planification a provoqué une file d’attente de près d’un demi-kilomètre, sachant que la file faisait les deux côtés du navire et qu’il faut faire trois tours pour obtenir 1,6 kilomètre.  Nous avons fini par voir l’officiel américain qui a réglé la situation en trente secondes après avoir fait le parcours du combattant de plus de quarante minutes.  Nous sentions une tension plus évidente chez certains « suivants qui suivaient un suivant », comme dirait Jacques Brel.  Aussitôt ces règles respectées nous avons pu retourner en ville et nous rappeler de bons moments.  Demain, nous commençons un périple de deux jours en mer avant d’atteindre l’Île de Vancouver.  Je crois bien, à moins d’événements cocasses à raconter, que mon placotage se terminerait ici pour cette année.


lundi 24 avril 2023

Nous remontons vers…

Au départ de « Punta Arenas », le navire se dirige vers le nord pour atteindre notre destination finale.  Auparavant, nous allons faire une escale à « Puerto Vallarta » au Mexique.  Nous avons pris une activité organisée où nous conduirons un Jeep à travers la « Sierra Madre », cours d’eau et villages mexicains pour finalement faire un premier arrêt à « Hacienda Dona Engracia tequila factory ».  Nous attendrons un peu avant de nous enthousiasmer et de nous retrouver avec plus de déceptions que de plaisirs.

Nous pouvons vous dire maintenant que nous n’avons pas été déçus.  Après les confirmations d’usages par les officiels afin de s’assurer que nous sommes dans le bon groupe, nous partons à la rencontre de notre bolide.  Une série de « Jeep » nous attendent patiemment dans le stationnement du Walmart de la place.  Tous de couleurs rouges sauf un qui se distingue par sa couleur et qui nous sera assigné.  Oublions l’air climatisé et tous les gadgets modernes qui peuvent vous distraire.  La garde au sol de

notre tout-terrain demande, pour l’embarquement des passagers, plus d’agilité que d’élégance.  Après cinq minutes de fou rire et de recherche sur la technique, nos passagères s’installent à l’intérieur de ce véhicule sans fenêtre, au toit de toile et construit pour le hors-piste.  Nous prenons place à l’avant et nous attendons le signal de départ de la caravane.  Notre guide nous met en garde contre la tentation de ne pas respecter le code de la route en particulier « les feux rouges ».  Le montant payé en dessus ou en dessous de la table est le même.  Pour sortir du centre-ville, nous avons dû parcourir plusieurs kilomètres, respecter les feux de circulation, subir l’insertion sans-préavis de véhicules, rattraper le groupe et ralentir sur les nombreux « dos d’âne » installés à cet effet.  Finalement, le cortège quitte la route principale et s’enfonce dans l’arrière-pays sur un chemin qui me rappelle les ruelles de ma jeunesse.  Bien vite nous nous rendons compte que nous roulons sur une rue principale qui nous amène à un premier village.

À partir de ce moment nous roulerons à travers sécheresse, simplicité volontaire et un décor sans verdure.  Les paysages arides, les abris ainsi que les véhicules stationnés de façons éparses, ont tous un point en commun, ils sont recouverts de cette poussière soulevée par le simple passage d’un moustique.  Nous ne suivons plus de jeep rouge mais des essaims de poussière.  Nous arrêtons au premier village rencontré pour une courte description des lieux par notre guide et pour l’occasion, pour plusieurs d’entre-nous, d’éliminer un excédant moyennant une légère contribution américaine.  Une voix s’élève, c’est notre guide qui nous invite à prendre place à bord de nos véhicules et de reprendre la poursuite des nuages jusqu’à l’Hacienda où nous aurons des explications sur la fabrication de la « tequila ».  C’est là que nous apprenons que la tequila provient d’une plante appelée « agave bleu » et qu’il faudra de sept à dix ans avant la récolte du cœur pour obtenir une première extraction que l’on appelle « l’aquamiel ».  Après un processus précis de fermentation, ils obtiendront un liquide impropre à la consommation.  Il faudra faire une première cuisson pour obtenir une première distillation mais, qui contiendra trop

d’alcool donc encore impropre à la consommation.  Une deuxième distillation permettra d’obtenir la « tequila blanco ».  Par des processus de vieillissement en fût de chêne ils obtiendront d’autres qualités de tequila différentes dans le goût pour le plaisir des différents palais.  La présentation, la dégustation et le repas terminés nous reprenons la route vers une oasis « La dolce vita ».  Cette fois nous empruntons une route de terre battue demandant le retour « du port du masque ».  Nous nous concentrons sur le parcours, lorsqu’à un tournant à presque 180o, nous apercevons très bas et très loin l’espace où nous nous dirigeons.  Une oasis en plein milieu du désert c’est l’image qui nous vient en tête.  Sans attendre nous commençons, sur la compression, la descente de pentes de plus en plus abruptes.  Le problème n’est pas la descente mais, nos montures seront-elles capables de remonter sans peine.  Nous nous disons que notre guide doit savoir ce qu’il fait.  Arrivés à bon port nous en profitons pour faire une saucette, afin d’éliminer une première couche.  Une baignade, un séchage et un moment de repos précèdent la remontée.  C’est alors que notre guide prend la parole et dit :

- Lorsque vous commencerez votre ascension il ne faut surtout pas que vous ralentissiez et même si la machine gronde, continuez…

Facile à dire.  Nous devons gravir sur le même flanc de montagne, ce qui implique des virages à cent quatre-vingts degrés que nous devons effectuer sans ralentir.  Je peux vous assurer que j’ai maintenu le grondement jusqu’à la fin.  Nous nous sommes tous retrouvés sur le plateau sauf un qui a dû se faire remorquer par la meilleure voiture du groupe.  Je dois dire qu’arrivés à destination nous sentions une certaine chaleur provenant de l’essoufflement du moteur.  Le retour se fera dans la poussière et dans une circulation assez intense.  Revenus à notre point de départ nous avons eu un sentiment de fierté et de travail accompli.


jeudi 20 avril 2023

Nous poursuivons...

Le « Niew Amsterdam » est d’une stabilité incroyable.  Vous vous rappelez que nous avions une journée en mer avant la traversée du « Canal de Panama ».  Eh bien, cette dernière fut agrémentée de vagues d’un à deux mètres.  En revanche nous, nous avions la sensation d’être sur la terre ferme.  Pour pouvoir utiliser cette voie de navigation géniale, le Niew Amsterdam doit respecter un horaire digne des chemins de fer nippons. 

D’abord, un peu d’histoire sur ce passage aujourd’hui si apprécié.  Les premiers explorateurs connaissaient ce passage entre les deux océans.  Cependant, la traversée devait se faire par voie terrestre avec tous les désagréments, les dénivelés, les moustiques et  les   caprices de « Dame Nature ».  C’est à la fin du XIXe siècle que la France passe une commande à celui même qui avait effectué les travaux du « Canal de Suez ».  Il y a, quand même, une différence entre creuser dans le sable ou percer à travers un terrain montagneux.  Après un début misérable et le décès de plus de 20 000 personnes dû au paludisme, à la fièvre jaune et aux nombreux glissements de terrain, la France abandonne le projet après quelques kilomètres d’excavation.


Les Américains, voyant une opportunité d’établir leur supériorité maritime sur le transport commercial et militaire, reprennent la construction le 4 mai 1904, pour terminer le parcours de 77km en 1914.  C’est l’ingénieur George Washington Goethais qui aura la charge de mener à bien la construction du canal.  De plus, par chance, la science avait évolué et elle a pu démontrer la relation entre les moustiques et la malaria.  Les Américains ont donc aspergé des tonnes de produits chimiques pour irradier les moustiques responsables des maladies, renforcer certaines structures contre les éboulements potentiels et protéger les rivières environnantes qui seront la source du remplissage ultérieur.  Les rivières et les cours d’eau intérieurs (c’est-à-dire entre les deux océans) ne sont pas au même niveau que les deux objectifs.  Nous parcourons d’abord 13 km dans le canal avant de rencontrer les premières écluses.  Vous comprenez que la construction du canal s’étant terminée en 1914, les écluses ont été construites pour les navires du temps.  Aujourd’hui, les pilotes doivent utiliser toute l’habileté qu’ils possèdent pour diriger les navires dans les écluses qui laissent à peine soixante centimètres de jeu de chaque côté.  D’ailleurs, pour faciliter le passage sans incident, les navires sont tractés par des locomotives adaptées, de chaque côté du canal.  Le passage aux trois écluses de « Miraflores » nous permettra de franchir un dénivelé de quarante-trois mètres.  Nous naviguerons, après le passage des écluses, sur lacs et rivières alimentés par les cours d’eau naturels de chaque côté.  Pour diminuer l’impact de l’érosion sur les berges, les navires doivent ralentir leur vitesse de croisière.  De plus, une bande riveraine de dix kilomètres de chaque côté est un atout de plus dans la préservation des acquis.  Nous reprendrons d’autres écluses qui nous permettront, cette fois-ci, de descendre de plusieurs mètres et nous ramener au niveau du Pacifique.  Même si nous avons déjà assisté au passage d’une écluse, les gens s’agglutinent à nouveau, à l’approche d’une nouvelle fascination mécanique.  À chaque fois, c’est l’admiration pour le génie humain.  Une masse considérable est soulevée ou abaissée mécaniquement pour pouvoir passer des accidents naturels qui, sinon seraient propices à des torrents impressionnants.  Il nous aura fallu sept à huit heures pour parcourir la distance entre les deux océans.  Plus de trente-cinq navires franchissent cette distance dans les deux sens et ce, à tous les jours.  Le canal qui a été longtemps sous la domination des États-Unis, a été cédé avec droit de priorité de passage pour les navires américains en 1999.  C’est une magnifique œuvre d’ingénierie qui a fait dire par certains que c’était la septième merveille du monde moderne.

Après la traversée, nous sommes remontés vers le nord pour nous rendre au Costa Rica, plus

précisément à « Punta Arenas ».  Nous avons décidé de prendre une activité proposée par Holland America.  Dans le descriptif nous pouvions lire que nous débuterions par la visite d’un jardin tropical où nous pourrions déguster des fruits frais de la place, voir des cascades et faire un arrêt au pont des crocodiles.  Ce que nous ne savions pas c’est que nous devions rouler pendant une heure quarante-cinq minutes avant le premier arrêt.  Le temps prévu pour l’activité étant de cinq heures et trente minutes, nous constatons que les différentes activités devront se réaliser en moins d’une heure trente. Notre premier arrêt fut au jardin « Pura vida » et la première action des passagers, compte-tenu de l’état des routes et de la longueur du parcours, fut de visiter la « salle de porcelaine ».  Nos ablutions terminées, nous suivîmes notre guide (professeur de biologie à l’université) dans une envolée descriptive des différentes plantes qui l’entouraient.  Pas de soupirs, pas de pauses mais, des explications à profusion qui s’entremêlaient à un tel point qu’à un moment donné le groupe commença à s’étioler.  De temps en temps il se reformait à l’annonce d’un « toucan » qui saute d’une branche à l’autre ou d’un couple de haras nous permettant de les voir qu’en vol ou pour le temps de la collation ou pour le départ.  Prochain arrêt, le pont des crocodiles.  C’est un pont où nous pouvons voir des crocodiles exposés au soleil dans une rivière presqu’à sec.  Nous les avons vus….  Nous apprenons que nous ne pourrons pas voir de cascades car ce n’est pas la saison des pluies et que les torrents sont à sec.  Nous arrêterons plutôt dans un magasin de souvenirs pour faire plaisir aux enfants de notre filleule et passer le temps avant le retour.


mardi 18 avril 2023

Juste avant le canal...

Nous voilà accostés au port d'Aruba.  Cette petite île de 32 km de long par 10 km de large faisait partie, avec les îles de Bonaire et Curaçao, d'un ensemble d'anciennes colonies néerlandaises des Antilles situées au nord de la côte du Vénézuela.  Elles ont obtenu leur autonomie en 1954.  La première réflexion qui nous vient en tête lorsque nous déambulons dans les rues, sont les couleurs pastels qui habillent les maisons de style néerlandais.  Tout au long des rues commerciales, nous sommes abordés par des gens qui vous invitent, sans agression, à pénétrer à l'intérieur des commerce qui leur sont attitrés.  Une autre attraction un peu spéciale, ce sont ces chevaux grandeurs natures en porcelaine bleu royal que nous retrouvons par-ci, par-là.  Ces chevaux sont un symbole de fierté et d'indépendance qui représente bien Aruba.  Tout en déambulant dans les rues sous un soleil de plomb, nous remarquons des rails en plein milieu du centre ville.  Sur notre retour nous longeons l'une de celles-ci jusqu'à son point de départ.  C'est là que nous remarquons le garage d'où pouvaient

émerger ces magnifiques tramways à deux étages.  Pour satisfaire notre curiosité nous pénétrons à l'intérieur afin d'immortaliser sur pellicule ce que nous avions devant nous.  C'est alors que l'un des préposés nous indique que cette voiture partira bientôt et que c'est gratuit pour la balade.  Nous nous empressons de rejoindre le quai d'embarquement et nous attendons patiemment l'arrivée de cet engin, faisant tant coulé d'encre à Québec.  Comme dans bien des îles les "bientôt" sont plus ou moins élastiques.  Peu importe, après quelques "bientôt" plus tard, la scène se met en mouvement.  Nous embarquons et nous sommes heureux comme des enfants qui pénètrent dans un manège à "La Ronde".  Bing, bing et nous roulons sur un gros 50 mètres avant un premier arrêt pour nous expliquer pourquoi il y avait tant d'autobus alignés les uns à côté des autres.  C'est la gare d'autobus!....  Après cinq minutes de contemplation, nous reprenons la route à une vitesse vertigineuse de 10 km/h pour atteindre l'ensemble des magasins de souvenirs, c'est-à-dire là où nous étions une heure auparavant.  La guide nous lance : "Arrêt de 15 minutes".  Nous, nous savons que le quinze minutes va prendre de l'extension mais nous ne bougeons pas.  Vingt-cinq minutes plus tard, le tramway se remet en mouvement pour nous amener à notre point de départ en moins de dix minutes.  Je vous le dis sincèrement, ce fut toute une expérience.  Nous revenons au navire et demain nous aurons une autre journée en mer, avant d'arriver à "Carthagène" en Colombie.

Nous avons décidé de prendre le petit déjeuner plus tôt ce matin car le navire quittera le port à treize heures aujourd'hui ce qui nous laisse peu de temps pour visiter.  La raison principale de ce temps écourté est que nous avons rendez-vous demain pour la traversée du "Canal de Panama".  Nous prenons une navette qui nous amène à la sortie du port.  Par contre, pour la transition entre le port et la ville, les Carthagénois se sont montrés ingénieux et brillants.  Nous sommes amenés à passer par un petit jardin zoologique où nous pouvons voir se déplacer librement des flamants roses, des paons très fiers voulant nous impressionner et des haras, en couple, arborants de multiples couleurs et volant au-dessus de nos têtes.  Quelques photos plus loin, nous sortons de ce petit paradis pour nous retrouver dans une jungle humaine avec une chaleur et une humidité écrasante.  Nous négocions avec quelques chauffeurs de taxi pour une courte visite et pour nous assurer qu'il restera avec nous tout au long du parcours et qu'il nous ramènera à bon port pour onze heures et trente.


Nous nous déplaçons lentement à bord d'un véhicule "Renault" à air martyrisé à travers des rues trop étroites pour supporter trois voitures de large et pourtant, ils le font.  À tout moment nous sommes dépassés à gauche, à droite, devant par une moto qui ne veut, sous aucun prétexte, ralentir son allure.  Personne ne cède d'espace et semble dire : "Tu passeras à ton tour et ce n'est pas maintenant".  Chez-nous, un tel comportement hériterait d'un concert de klaxon  accompagné de la liturgie habituelle.  Ici, pas un mot, pas un son, pas de gestes d'impatience juste le respect d'une règle peu orthodoxe.  Avec tout ce désordre et cette lenteur nous commençons à craindre le retour.  Pas de problème, nous rassure notre chauffeur car, ce sera plus rapide dans l'autre sens.  Il faut vraiment faire un acte de foi.  Non

sans peine, nous arrivons à la vieille ville fortifiée du XVI ième siècle où nous pouvons observer l'immense forteresse de "Saint Felipe" qui s'érige comme un mont royal.  À quelques kilomètres de là, cette fois sur un vrai promontoire, se dessine le "Monastère Santa Cruz de la Popa".  Nous revenons à la voiture pour nous diriger vers la Cathédrale de Carthagène où nous pourrons marcher dans les rues animées de touristes et de marchands ambulants offrant sensiblement la même chose.  Nous poursuivons notre visite en passant par de  petites rues étroites arborant de part et d'autre des balcons comme en Espagne.  Un peu plus loin ce sont les "casas", demeures qu'occupaient, autrefois, les esclaves.  Tout ça a travers des rues où grouille une animation humaine abondante.  Nous revenons sur nos pas pour rejoindre notre taxi afin de revenir au bercail.  Notre chauffeur connaît bien sa ville car, en plus de tous les détours qu'il a dû prendre pour éviter la circulation, il disait vrai pour le retour, c'est plus rapide.  Demain nous passerons le "Canal de Panama".