
Je me rends compte que, plus ça va et plus c'est pareil. C'est de moi dont je parle car, lorsque je relis mes anciens textes pour revoir les endroits visités ou les activités faites, je constate qu'il y a beaucoup de textes équivalents. Il faut croire qu'il n'y a pas eu beaucoup de changements depuis la dernière fois. Lorsque nous sommes rendus à identifier les édifices, les marchés et les magasins de souvenirs, avant de les voir, nous nous disons que nous devrions réinventer nos sorties et nos horizons. À Moorea, c'est la troisième fois que nous foulons le sol de cette petite île. En passant, elle est magnifique et le navire est ancré au large dans une de deux plus belles baies de la région. Un paysage à couper le souffle, un relief aux parois escarpées et verdoyantes nous encadre. Nous irons donc faire une reconnaissance des lieux déjà connus afin, de passer un peu de temps perdu. Nous avons pris, pour le lendemain, une excursion qui nous amènera vers un endroit pas encore exploré (par nous, je veux dire). La recherche d'une excursion intéressante, reste, à chaque fois un coup de dés parce que les descriptions sont très souvent un peu, plutôt, biaisées pour en assurer la vente. Nous nous entendons sur un choix commun et nous nous assurons de la réservation possible. Tout compte fait, nous avons fait un excellent choix. Nous avions un chauffeur érudit, à l'affût de tout ce qui pourrait nous intéresser. Continuellement, il décrivait les alentours avec les anecdotes appropriées tout en remplissant les temps morts par d'autres sujets comme le système d'éducation et les habitudes de vie des insulaires. Bref, nous avions un chauffeur-guide comme j'ai rarement connu. Les points de vue proposés, n'étaient pas dénués d'intérêts et de sens, nous jetant au visage, pics majestueux montant la garde devant une mer couleur émeraude. Pour arriver à ces points remarquables, nous avons dû gravir une route en lacet, qui, à certains moments, devra être recalculée et reprise à plus d'une fois pour se retrouver sur le bon chemin. Ce n'était pas sans nous rappeler les cirques de l'Île de la Réunion, où nous devions utiliser le klaxon, à chaque tournant, pour avertir tout conducteur de garder sa droite dans les courbes raides. Tout était parfait jusqu'au moment, pour terminer la randonnée, nous nous retrouvons, comme par hasard, dans une boutique de souvenirs. Ne tirez pas trop vite vos conclusions. Nous étions très heureux de cette initiative, pas pour les souvenirs mais, parce que c'était le seul endroit depuis le début où nous pouvions y trouver une toilette. Soulagement!
Nous avons quitté "Moorea" pour nous établir momentanément à "Fakarava, Tuamoti". Là aussi, c'est une bien belle petite île verdoyante et accidentée, ce qui est le propre, d'ailleurs, des îles volcaniques. Cette fois-ci nous sommes accostés au port, donc nous pouvons sortir et revenir à notre guise. Nous nous souvenons qu'il y a plein de petits magasins pour les touristes et les gens de la place, ce qui fait un heureux mélange à parcourir. Le soleil qui nous accompagne, prend plaisir à marquer sa présence. Nous profitons des ombres projetées pour nous éclipser et avancer davantage. Le soleil est accompagné, aujourd'hui, pas sa grande amie "l'humidité". Ils ont un accord tacite et s'en donnent à coeur joie pour nous rappeler de ne pas nous plaindre lorsque nous reviendrons au pays. Les portes grandes ouvertes, des boutiques et magasins, nous invitent à partager une climatisation déficiente qui n'arrive pas à respecter les termes de son contrat. L'attrait d'achat possible nous incite à fureter de plus près mais, la promiscuité des lieux s'impose à un tel point, qu'il est plus agréable d'être à l'extérieur. Nous poursuivons quelques instants pour nous retrouver devant une quincaillerie, un marché d'alimentation et quelques magasins servant de pauses en direction du navire. J'aime bien le soleil mais, l'intensité de son amour me fatigue un peu, je dois dire. Nous ferons une nouvelle tentative demain en espérant que "l'humidité" reste à la maison. Après une nuit de repos, nous réexaminons la situation. Malheureusement, c'est le soleil qui est resté couché, ce qui fait que l'humidité nous arrose avec délicatesse et persévérance. En après-midi, fatigué d'être en douceur, dame humidité se fait accompagner par le vent qui a décidé de jouer à "qui est le plus fort". Le bruit se fait sentir de plus en plus et la visibilité nous empêche de percevoir le décor. Il pleut des cordes et le vent est à écorner les boeufs, comme on dirait chez-nous. Nous partons ce soir pour une autre île, mais demain nous serons en mer.