lundi 21 janvier 2013

Premier arrêt


Premier arrêt « Key West ».  Cette petite île revendique fièrement le fait d’être la détentrice du point le plus au sud des États-Unis (certains citoyens en doute mais, j’ose croire qu’on a vérifié avec un GPS).  Seulement 90 milles (145 km) la séparent de Cuba.

Ici, pas d’édifices en hauteur, mis à part un ancien phare aujourd’hui transformé en musée ou une église presbytérienne avec ses clochers pointant vers le ciel.  Tout en déambulant dans les rues, nous nous arrêtons quelques instants près de la maison d’Hemingway.  Doucement une  impression de déjà-vu m’envahit graduellement et   l’image qui me vient en tête ressemble à un souvenir d’un « Old Orchard » de ma jeunesse mais sans les « Piers » et leur odeur persistante de pizza.  Un endroit au bord de mer avec ses maisons en bois, défraichies, usées, mais témoins d’un passé et avec une attitude de laissez-faire.  Les principales rues sont parsemées de boutiques de toutes sortes qui sont semblables et différentes en même temps.  La température clémente rend la promenade agréable.

Historiquement, Key West, a été le théâtre de bien des guerres.  Témoin au XIXième de la guerre civile, de celle mené contre la piraterie qui avait pris de l’ampleur après la chute de  Napoléon en France et, par la suite, des deux grandes guerres mondiales 14-18 et 39-45.

Demain nous poursuivrons notre route vers l’île « Grand Cayman » et nous devrons, pour ce faire, contourner l’île de Cuba à l’ouest.  Nous aurons besoin d’une quarantaine d’heures pour arriver à destination.  Cette observation ne me sourit guère car, on se souviendra qu’à chaque jour il faut avoir son lot d’exercices sans quoi le tour de taille risque d’être altéré (dû à la qualité, la quantité de victuailles à notre disposition).  Donc 6h45 baskets aux pieds et Elvis qui cadence le rythme, je pars à la conquête d’un 5 km d’effort qui me donnera à la fin, un sentiment de satisfaction et de devoir accompli.  Heureusement quelquefois, Elvis se calme et m’envoie un « Love me tender » me permettant ainsi de récupérer un peu.  Un magnifique lever de soleil d’un rouge orangé démasquant une silhouette cubaine devient la récompense qui me confirme que je suis au bon endroit au bon moment.

La journée s’annonce belle avec quelques nuages mais, suffisamment chaude pour nous permettre d’alterner piscine et chaise longue.  C’est une bien mince consolation, surtout que je viens d’apprendre que le « Canadien » a perdu son premier match au main des « Maple Leafs » (pas la même feuille d’érable que sur les billets de vingt dollars…l’incompétence n’a pas de prix…).



jeudi 17 janvier 2013

On quitte le froid...


Il est 4 heures du matin et ça sonne à la porte.  Encore les yeux dans le sommeil Adrienne ouvre la porte.  C’est Jean, mon ami accompagné de Denise son épouse, qui viennent nous chercher pour nous conduire à l’aéroport.  Trouvez-en des amis qui se lèvent à 3h30 du matin juste pour vous rendre service et vous faire plaisir.  Y en a pas beaucoup, mais moi, j’ai la chance de les connaître.
Le départ de notre vol pour Fort Lauderdale est prévu pour 5h50.  Bien entendu, nous sommes arrivés un peu trop tôt, mais j’en connais une à qui ça convient parfaitement.  Le comptoir d’enregistrement ouvre ses portes et nous permet de finaliser les formalités d’usage à l’embarquement, tout en espérant qu’on ne nous tiendra pas rigueur pour l’excédentaire « masse de fourniture » » foulé par Adrienne.  Pourtant nous  avions fait des efforts en diminuant la dimension des valises.  Mais ma douce moitié a trouvé des sacs où elle peut, après avoir inséré le nécessaire, en faire le vide ce qui a pour effet d’en réduire considérablement les dimensions et d’augmenter par le fait même l’espace restant à remplir de ce bagage roulant. 
Tout va bien et nous passons à la prochaine étape qui nous amène à l’intérieur d’un DH8 pour le PET de Montréal où nous prendrons une correspondance pour les USA.  Première partie tout va bien et nous nous rendons au quai d’embarquement pour prendre un Airbus 320.  On annonce le début de l’embarquement et nous nous retrouvons à notre place bien assis et les bagages à main bien classés au-dessus de nos têtes.  Une voix nasillarde d’un commandant de bord avec un fort accent nous annonce que près de Toronto il y a de très forts vents et que si nous étions capables de partir le plus tôt possible ce serait pour le mieux.  On a tout de suite été mis en confiance et tout allait bien (surtout qu’Adrienne n’avait pas compris ce que venait de dire ce fin psychologue).  Par contre je dois dire qu’il a admirablement bien géré la situation.  Après un bon détour qui augmenta le parcours de 40 minutes, le vol s’est, tout compte fait, très bien passé. À peine posé sur la piste de l’aéroport de Fort Lauderdale notre cher commandant récidive en nous annonçant un beau 26 degrés.  Parfois il faut être patient pour avoir notre récompense…


On dirait qu'il y a des sentiers de VTT même en Floride....  Qu'en penses-tu Danny?

mardi 8 janvier 2013

Le parcours...

Voici notre parcours pour cette croisière.


Nous sommes prêts de notre départ.  Eh! oui, mecredi le 16 janvier prochain, nous quitterons la neige pour des cieux plus cléments.  Nous aurons une pensée toute particulière pour vous...(surtout pour mes amis déneigeurs qui commencent à en avoir par-dessus...).  L'hiver c'est beau et bon,  mais à petite dose.  Bon, assez bavardé il faut finaliser les préparatifs.
 
Voici le parcours qui vous permettra de nous suivre au jour le jour si vous le voulez bien...







mercredi 24 octobre 2012

Bonjour tout le monde,

Dans quelques mois nous repartirons pour une autre croisière.  Celle-ci nous amènera en Amérique du Sud, plus précisément au Brésil et ce, pendant le carnaval de Rio que nous pourrons apprécier pendant au moins trois jours.  Bien entendu, nous aurons fait quelques escales tout le long de la côte pour se rendre à cette fête.  Par la suite nous dirigerons vers l'Amérique du Nord mais, nous ferons un petit détour par l'Amazone.  Tout ceci dans une croisière de 49 jours, quel bonheur.

mardi 3 avril 2012

Sur le retour...

Déjà deux jours que nous sommes en mer et tout va bien.  Le Seigneur est bon de nous offrir une mer si calme.  Deux jours que nous filons à plein régime et nous n’avons pas encore vu de terre, seulement  de l’eau que de l’eau sur tous les horizons, on en a des frissons de voir cette immensité.  Nous nous dirigeons toujours vers l’hémisphère nord et vers 5 heures du matin nous avons passé à nouveau l’équateur.  Nous avons fait un magnifique voyage et la dernière île nous laisse encore un souvenir des plus marquants et des plus agréables.  « Captain from the bridge » (il a quand même un drôle de nom : « from the bridge »), nous annonce que nous aurons une mer calme et sans trop de nuage. 

Le capitaine a dû communiquer avec le bureau de météorologie du Canada car il s’est royalement trompé.  Nous avons traversé, en après-midi, une pluie abondante.  Il fallait voir le tableau.  De l’eau en bas, de l’eau autour réduisant grandement la visibilité et les nuages sombres très bas nous pourchassant.  On se serait cru dans ces petites boules que l’on agite pour voir apparaître la neige, mais sans la musique.  Nous avons eu droit à une démonstration de survie en mer par l’équipage.  Ils n’ont pas ménagé leurs efforts.  Un immense baril a été lancé dans la piscine et lorsqu’on demanda à une passagère de tirer sur la corde le tout explosa pour permettre à un pneumatique de se développer.  Ces canots sont conçus pour accepter 25 personnes avec tout le matériel nécessaire pour attendre les secours.  Après avoir fait un tour dans le dit canot, je dois avouer que j’aimerais mieux être dans les « tenders » avec 149 autres individus.  Vous vous demandez pourquoi?  Si je vous dis : non-motorisé et sans plancher rigide (on dirait qu’on marche sur un trampoline), vous permettront de me comprendre.  Bien entendu, si c’est le seul moyen de me permettre d’être un peu plus à l’abri je crois que je n’hésiterais pas à y pénétrer, mais si vous voulez mon avis, tout compte fait j’aimerais mieux que le « Rotterdam » me ramène à bon port.

Comme à tous les soirs, nous allons à la salle à dîner pour le repas du soir et vers 8h45 on se dirige vers la salle de spectacle.  Un spectacle différent et de qualité à chaque soir.  Après le spectacle nous décidons de marcher un peu sur le pont avant d’aller à notre cabine.  Quelle déception pour Adrienne, le capitaine a mis un interdit sur l’accès au pont promenade dû à la force des vents.  Nous nous résignons donc à nous diriger vers notre cabine.   La localisation centrale de celle-ci atténue grandement les effets d’une mer n peu houleuse.  Nous passons une très bonne nuit et comme tous les matins je me prépare pour ma marche forcée.  Je me dirige d’un pas confiant, accompagné d’Elvis, vers la sortie.  Même déception que la veille; l’interdiction n’est pas levée.  À ce moment je n’ai pas d’autre choix que de retourner dormir….

Onze heures et nous pouvons maintenant marcher sur le pont.  Même si la vélocité du vent a diminué beaucoup il faut faire un effort pour avancer, mais quelle récompense lorsque vous entreprenez le retour.  On a l’impression que nous sommes un peu plus légers et porté par le vent (Adrienne plus que moi, mais je suis là pour la retenir).   Le reste de la journée se passe bien.

Nous sommes dans le dernier droit et nous nous rapprochons de San Diego.  Il n’y a pas que le temps de navigation qui nous rappelle cette dure réalité, mais le changement de température est plus significatif.  Nous avions, il y a quelques jours encore, des températures voisinant les 30 degrés Celsius et le capitaine vient de nous annoncer que demain les prévisions étaient de 16 degrés.  Tout un choc et j’espère qu’à Québec on prend cette souffrance en considération et on espère que les amis prieront pour un changement favorable.  C’est là qu’on va reconnaître les vrais amis.

mercredi 28 mars 2012

Iles Marquises

J’ai peut-être laissé croire par mes écrits que j’étais un peu déçu par les paysages ou les endroits visités.  Il n’en n’est rien.  Le fait est que souvent l’imaginaire et le réel ne sont pas au même niveau.  Mais tous ces endroits sont exotiques et les Polynésiens comblent rapidement la différence.

Nous voilà à « Nuku Hiva » dans les « Îles Marquises ».  Ici tout est au-delà de nos attentes.  Tous les rêves passés ne pouvaient atteindre ce niveau de beauté.  C’est une île enchanteresse peu importe où l’on pose notre regard, on est en admiration.  On ne cesse de s’extasier devant la hauteur des pics et la rudesse des lignes qui s’entremêlent avec une harmonie inégalée.  Même si je me répète je dois dire que c’est un paysage à couper le souffle.  Je dois avouer que je n’ai jamais vu autant de force et de beauté réuneis dans un même lieu.  Nous débarquons avec l’intention de découvrir d’autres facettes de cette île magnifique.  Après quelques instants à argumenter avec la préposée de l’information touristique, nous concluons une entente avec Léontine pour un tour guidé.  Elle nous avoue, un peu gênée, qu’elle est contente de pouvoir faire la tournée en français. 

Je vous ai dit que le paysage était très accidenté et nous n’avons pas tardé à nous en rendre compte.  Immédiatement la camionnette Mazda (4 places mais nous étions 5) s’engage dans une montée à faire pâlir la « côte Salaberry », mais avec la différence qu’elle tourne sans cesse et qu’elle n’en finit plus de s’étendre sur des kilomètres et des kilomètres.  On comprend maintenant pourquoi que tous habitants se déplacent dans l’île en 4x4.  On s’arrête dans un tournant pour prendre des photos d’un point de vue unique.  On s’émerveille encore et encore.  On continue et à un autre tournant c’est encore l’extase.  Si le paradis terrestre existe sur terre et bien il est ici.  Tout ce qui a été montée doit être descendu par des chemins aussi abrupts et torturés nous plongeant dans une vallée où le tsunami, l’an passé, est venu faire ses ravages.  Mais le paysage s’est reconstruit comme pour faire un pied de nez à une autre force naturelle.  On repart tel un lacet sur une chaussure dans une autre montée vertigineuse et un peu plus cahoteuse, car nous quittons le bitume pour la terre battue délavée par un orage survenu quelques heures auparavant.  Au cours de notre parcours nous croisons voitures, chevaux en liberté et cochons (ici l’épandage se fait directement).  Après quelques détours avec leurs vues imprenables, nous débouchons sur le site archéologique « Hikokua » datant de siècles précédant la venue des Espagnols.  Quelques instants plus tard on rencontre la mairesse « Yvonne Katupa » qui garde jalousement, à l’intérieur d’une salle patrimoniale, des artéfacts rappelant une histoire encore bien vivante.

Malheureusement, toute chose ayant une fin, nous devons revenir à notre point de départ, car Léontine a d’autres engagements en après-midi.  Nous reprenons les mêmes chemins, mais un peu plus rapidement ce qui donne un autre aspect à cette route sinueuse.  On terminera notre course à quelques kilomètres de notre point de départ afin d’admirer les sculptures en bois dans la cathédrale et un autre site archéologique.  C’est ici que Léontine nous abandonne et nous laisse revenir par nos propres moyens.  Chemin faisant nous nous arrêtons pour prendre une bière qui aura trois bons effets : pose pipi, échange avec des enseignants marquisiens et passage d’un orage qu’on a pu admirer de l’intérieur.  On se répète sans cesse : que c’est beau, que c’est beau.

Nous partons dans quelques heures pour 6 jours en mer afin de parcourir les 5264 km qui nous séparent de San Diego.  Ce sera mon dernier article avant San Diego.

Nana (au revoir)

mardi 27 mars 2012

Moorea

Il n’en faudra pas beaucoup plus pour que nous nous imaginions que le monde ne se compose que d’atolls, d’îles, de paysages magnifiques, d’eau turquoise et de poissons exotiques aux couleurs flamboyantes.  Sans vouloir écœurer personne, comme dirait ma blonde, les faits sont là et notre lot quotidien est marqué de la sorte.  Comme dirait Manon Talazac : « Que la vie est dure sans confiture »….  L’île de « Moorea », ne fait pas exception et nous offre encore un paysage à couper le souffle.  L’une des plus belles îles de Polynésie avec ses pics sculptés par l’érosion qui s’étirent vers de superbes plages de sable blanc.

À Moorea on compte 11 000 habitants qui vivent à proximité du lagon dans de petits bourgs.  Ils vivent d’agriculture (ananas) ou du tourisme.  Pour nous c’est de leur dernière activité que nous avons profité.  En effet nous sommes allés nager parmi les raies et les requins.  Ma blonde veut que je vous rassure tout de suite en précisant que ces requins sont inoffensifs pour les humains.  Mesurant un peu plus d’un mètre ils n’attaquent pas les grosses personnes (c’est pourquoi Adrienne est restée dans la pirogue).  C’est vraiment impressionnant de voir, grâce à la clarté de l’eau, cette forme si souvent crainte, nagée presque sans mouvement et avec une certaine indifférence, autour de nous.  Leurs compagnons d’eau aux battements d’ailes gracieux, les raies, viennent nous caresser avec douceur et tendresse.  On dirait qu’ils sont recouverts d’un mélange de velours et de soie.  Ils nous caressent la jambe tel un chat qui quémande une quelconque pitance de son maître. J’oubliais de vous dire que la température de l’eau et de l’air sont identiques créant ainsi une sensation de bien-être et éliminant aussi toute hésitation habituelle face à cet élément.

Après une nuit passée en mer, le « Rotterdam » mouille l’ancre au large de « Rangiroa ».  Un collier de 240 « motu » (îlots) au total, forme l’atoll.  Avec ses 225 km de pourtour, Rangiroa est le plus grand atoll des Tuamotu.  On dit que son lagon pourrait contenir la totalité de l’île de Tahiti.  Un atoll étant une accumulation de coraux qui forme la partie émergeante solide, on comprend vite que l’eau potable ne s’obtient que par la transformation de l’eau de mer ou la récolte de l’eau de pluie  Les habitants de ces motu vivent de l’industrie perlière ou de la pêche.  La hauteur maximum émergeante ne dépasse pas les 5 mètres.  Ces motu sont donc à la merci du déchainement de « Dame Pacifique ».  Un tsunami couvrirait complètement sa surface, emportant avec elle ses 3 000 habitants.  Ici il n’y a aucun moyen de se protéger d’un tel phénomène.  Demain sera une journée complète en mer avant d’atteindre notre dernière destination terrestre, avant San Diego : « Les Marquises ».