dimanche 23 octobre 2022

En route pour....

 

Vous vous rappelez de notre dernière visite à Honolulu, où nous nous sommes dit que nous aurions probablement mieux à voir sur la prochaine île.  C’est avec l’esprit plein d’espoir et le cœur ouvert à de nouvelles découvertes que nous débarquons à « Nawiliwili, Kauai ».  Il y a un transport qui est fourni pour sortir du port mais, il nous amène, quelle surprise, près d’un petit centre commercial.  Nous nous dirigeons à l’opposé (ce que n’aurait jamais fait notre amie Louise) pour voir ce que la place a à nous offrir.  Chemin faisant, nous longeons une magnifique plage de sable blanc, une noix de coco qui nous indique le temps qu’il fait, une mer émeraude et juste assez de vague pour y prendre plaisir.  Une plage ne vient jamais seule (comme dit le proverbe) et celle-ci n’y fait pas exception.  Elle arbore à sa tête un complexe hôtelier qui commence à vieillir et pourtant, demande toujours sa part d’héritage.  Nous continuons la recherche de nos « nouvelles découvertes » et nous dépassons par le fait même le fameux complexe.  Nous nous rendons vite compte que c’est la montagne qui s’offre à nous.  Nous sommes ouverts certes mais, pas tant que ça finalement.  Nous retournons au bateau en passant devant les magasins sans fléchir et décidons de revenir par nos propres moyens.  Je ne veux pas me plaindre mais, la chaleur insiste pour prendre toute la place et devenir de plus en plus accablante.  Un peu déçus de notre visite ou plutôt de ce que nous espérions voir.  Rendus à la cabine, nous parcourons la documentation à notre disposition pour trouver ce que peut nous offrir la prochaine île.

 

Après une nuit de navigation tranquille, le Zuiderdam accoste à « Kahului, Maui » tôt le matin.  Le temps que les autorités locales fassent leur inspection de routine nous, nous prenons notre petit déjeuner tout en cherchant du coin de l’œil la ville ou le village.  Peine perdue, nous sommes en plein milieu de nulle part, plus précisément dans un port industriel dans lequel nous ne voyons que du transbordement de « containers par-dessus containers ».  Pas de shuttle mais un couloir de plus de huit cents mètres à parcourir avant la sortie.  Nous nous serions crus dans un couloir de prison.  Un long parcours d’à peine trois mètres de large bordé par une clôture « frost » haute de trois mètres se terminant en fils barbelés afin de s’assurer de n’avoir aucun débordement.  Huit cents mètres de méandres et de bitume, jonché par-ci par-là de bouteilles vides et de petites conserves de nourriture pour chat (nous avons vu les chats aussi…), nous amène à la sortie officielle du port.  Nous demandons conseil au gardien pour connaître la direction la plus intéressant.  Il nous répond :

 

- À gauche il n’y a rien et à droite aussi.

 

Nous décidons d’aller voir le rien à gauche et nous verrons par la suite.  Juste au bout du « à gauche » il y a une pharmacie.  Nous sommes heureux car depuis des jours et des jours (enfin ceux où nous étions à terre) nous la recherchions pour raison personnelle.  Les achats terminés nous consultons une application sur la tablette qui nous indiquerait les endroits à visiter.  Il y a une église mais, comme toutes les églises elle était fermée la semaine, et un parc près de la mer.  Nous nous dirigeons donc vers le parc qui, sur l’application, nous apparait plus intéressant.  Nous déambulons à travers les stationnements d’automobiles pour prendre un raccourci et accéder à l’emplacement convoité.  Un parc de 7 500 mètres carrés envahi par une école de pirogues hawaïennes occupant plus de la moitié de l’espace.  En fait, je crois qu’ils lui ont donné le nom de parc à un moment donné et que par la suite ils ont oublié son existence.  Nous profitons un court moment, en signe de respect, de la quiétude qu’il veut bien nous offrir avant de retourner dans le fameux couloir.  Adrienne me dit que les gens vont croire que nous ne faisons pas un beau voyage à voir ce que j’écris.  Je veux rassurer tout le monde que tout va bien et que la pandémie est responsable des changements de ports.  Demain nous serons à « Kona, Hawaï » comme la voiture (la mienne est électrique).

 

Nous sommes tout excités car, quelques jours auparavant nous avions fait des réservations pour une sortie en sous-marin spécialement aménagé pour les touristes en quête d’une exploration des fonds marins.  Il descendra à plus de cent pieds (excusé la mesure impériale, c’est le système d’ici).  Nous devons prendre un « tender » pour atteindre la terre ferme et par la suite un autre bateau qui nous amènera au sous-marin.  Autrement dit, nous allons faire le transfert en mer.  Ce vaisseau est plutôt petit et il réussira à ingurgiter plus de 50 personnes à son bord par une ouverture à peine plus grande qu’un hublot et une échelle à la verticale.  C’est lorsque nous sommes à l’intérieur que nous constatons l’étroitesse du cylindre rendant la proximité à son paroxysme.  Une banquette centrale sculptée de part et d’autre de vingt-quatre formes de siège du primaire pour rentabiliser l’occupation.  Nous avions à peine assez d’espace pour avoir les pieds droits devant soi.  Les hublots, à hauteur des yeux, nous donnent un avant-goût de la sensation que nous pourrons ressentir.  Le sous-marin n’arrête pas d’avaler hommes, femmes de tout gabarit et de toute condition.  Trop c’est trop.  Plus le temps avance et plus l’espace s’estompe et j’ai le sentiment d’être de plus en plus privé de ma part d’oxygène.  Tout-à-coup ma poitrine se resserre, mon souffle devient de plus en plus court et la vision de me retrouver dans quelques instants avec une masse impressionnante d’eau au-dessus de la tête ont raison de moi.  Je n’en peux plus, il faut que je sorte absolument et aucun gourou ne pourra me convaincre de rester sur mon banc scolaire.  Le capitaine remonte, ouvre l’écoutille et me libère.  Quelle joie de me retrouver sur la navette et d’attendre que l’opération sous-marinière se complète et me ramène ma blonde.  Je viens de découvrir que j’ai un petit problème de claustrophobie qui s’était déjà manifesté d’ailleurs il y a quelques années dans une grotte au Luxembourg.  Le reste du groupe remonte après quarante minutes et un parcours de vingt mille lieues sous les mers.  Je suis rassuré de voir mon monde de retour m’expliquant leur aventure que je n’envie aucunement.  De retour à terre, nous visitons le petit village qui est commercial, certes, mais de loin le plus intéressant depuis plusieurs jours.  Nous partons pour quatre jours en mer afin d’atteindre « Samoa » et pendant ce parcours, nous traverserons la ligne du temps.  Ce qui veut dire qu’avant de traverser cette ligne, nous sommes dimanche le 16 octobre et de l’autre côté nous serons mardi le 18 octobre.  C’est pété!  Comme dirait un de mes amis géographe.

jeudi 13 octobre 2022

Hawaï bonjour...

 

Nous sommes arrivés à « Hilo, Hawaï » tôt ce matin.  Le dernier souvenir qu’il me reste de ce port me ramène au début de la pandémie où nous cherchions un endroit qui accepterait de nous laisser débarquer pour revenir à Québec.  Après plusieurs heures de discussions entre autorités « compétentes », nous avions eu un « non » catégorique.  Nous ne sommes pas des personnes rancunières et nous débarquons, cette fois en touristes et non en réfugiés.  Nous devons prendre un « shuttle » car nous sommes accostés dans un port industriel et, dans les ports industriels vous ne pouvez pas voyager librement.  Arrivés à destination, nous constatons assez rapidement que nous sommes dimanche et que le dimanche à Hilo il n’y a pas grand-chose d’ouvert et à faire.  Nous nous attendions à voir des attraits un peu plus spéciaux car, nous sommes quand même à Hawaï.  Quelle déception de voir des bâtiments délavés, défraichis et sans personnalités, défiler au gré de notre parcours imprécis.  Magasins de souvenirs et musées fermés et salon de coiffure ouvert, nous laisse pantois sur la logique touristique du lieu.  La première fois, il y a deçà plusieurs années, nous avions choisi de faire une excursion qui nous a mené au parc national des volcans ou du « Mauna Kea ».  C’est maintenant que nous constatons que le choix que nous avions fait, était le meilleur.  Je dois être honnête, cependant, pour vous dire qu’au cours de notre déambulation aléatoire, nous avons visité un marché public, où les étals de fruits exotiques arboraient couleurs, grosseurs et fraicheur avec fierté.  Peu importe où nous posions les yeux, nous étions confrontés à une copie conforme de la précédente et le seul élément qui les distinguaient, était la personne qui souriait derrière le comptoir.  Ce soir nous nous dirigerons vers « Honolulu », où nous séjournerons deux jours.  Espérons que cette fois-ci nous pourrons voir le mythique « commandant McGarett ».

 

Après l’examen des consignes par les autorités locales nous avons pu mettre le pied à terre et prendre le premier shuttle en vue, qui nous amènerait quelque part en ville.  Ce n’est qu’en cours de route que nous constatons que ce dernier était commandité par un magasin de souvenirs.  Nous étions pris au piège et de plus Adrienne me donne un coup de coude pour me faire remarquer l’affiche qui disait que nous devions « acheter » afin d’avoir un ticket de retour.  Tout le monde a dû lire la même affiche car toutes et tous se sont conformés à l’exigence.  L’arnaque est d’autant plus grande que nous sommes dans un centre commercial et les centres commerciaux, comme chez-nous, sont en banlieue loin des attraits touristiques recherchés.  Nos obligations réalisées, nous avons quand même été marché dans les rues environnantes pour constater que nous étions à côté d’une très belle marina et qu’à quelques centaines de mètres plus loin, la plus belle plage d’Honolulu, soit la célèbre plage de « Waikiki », se révélait à nous.  La chaleur intense (40oC en ressenti) a eu raison de notre courage, nous obligeant ainsi à rebrousser chemin et reprendre le fameux shuttle déguisé.  C’est la vie!  et nous nous disons qu’au moins nous avons une deuxième journée pour combler notre soif touristique.  Ce soir, nous devons nous « déguiser » à nouveau parce que le capitaine a décidé de décréter la « journée de l’action de grâce canadienne » comme journée de gala.  Nous nous sommes conformés et nous avons pu déguster un repas de « thanksgiving » à l’américaine qui est, disons-le, moins glamour que le précédent.  Nous regardons les possibilités de visites pour le lendemain mais nous restons encore hésitants et frileux, suite à notre petite mésaventure.  La nuit porte conseil et nous verrons demain après le petit déjeuner.  


Nous décidons donc d’aller voir la « Kawaiahao Church » qui fut la première église des missionnaires de Hawaï qui a été construite de 14 000 morceaux de pierres de corail.  C’est dans cette église que le roi « Kamehameha » (unificateur des îles d’Hawaï en 1810) a été couronné.  Sa statue noire et dorée prône devant le « siège social d’Hawaï 5-0 » pour ceux et celles qui connaissent la série.  Malheureusement, la petite église était fermée ainsi que la « Saint Andrew’s Cathedral ».  Nous nous rabattons sur une visite guidée du parlement et son histoire.  Lorsque nous nous informons sur la possibilité de visite nous apprenons qu’il en coûtera 25US$ par personne pour une visite de trente-cinq à quarante minutes.  La décision fut facile à prendre et nous continuons notre parcours pédestre sous une chaleur toujours aussi accablante que la veille.  Honolulu possède une architecture riche et diversifiée permettant d’apprécier le génie humain passé et à venir.  Le nombre de portes closes et la chaleur intense, augmentent de plus en plus notre taux de frustration nous obligeant par conséquent à rebrousser chemin et à revenir à bord pour se la couler douce au bord de la piscine.  Demain nous serons sur une autre île de l’archipel d’Hawaï.

samedi 8 octobre 2022

Adieu San Diego...

 

Nous venons de quitter, sans regret, San Diego.  Je dis sans regret car, nous avons eu l’occasion de visiter d’est en ouest, du nord au sud (de long en large comme on dit chez-nous) cette ville près des frontières mexicaines.  De plus, de manière générale, les ports ne sont pas situés dans des endroits les plus intéressants, sauf dans la magnifique ville de Québec et je ne suis pas chauvin.  Nous avons, quand même, fait quelques pas dans la ville, question de principe.  Nous franchirons la distance qui sépare San Diego à la première île d’Hawaï en cinq jours de navigation.  Espérons que la mer ne sera pas trop mauvaise sachant qu’un ouragan vient de frapper les côtes du Mexique.

 

Deuxième journée en mer.

Rien de spécial à signaler si ce n’est la course effrénée d’une bande de dauphins en quête d’un bon repas d’une part et de quelques baleines nous rappelant que nous traversons leur territoire d’autre part.  Ce n’est pas une mer d’huile (quel gaspillage si ça avait été le cas) mais le Zuiderdam ne semble pas réagir à l’agitation que Neptune essaie d’instaurer, pour démontrer son autorité.  Pour occuper le temps, nous assistons à des conférences sur les différentes îles d’Hawaï et les activités qu’elles veulent bien nous offrir ou, nous faisons un arrêt à la piscine pour déguster une bière et de nous informer de la température et de l’agitation postélectorale québécoise.  Bien sûr nous sommes humains et nous devons nous sustenter, ce que nous nous faisons un devoir de respecter.  Cette exigence terminée, nous déambulons dans les corridors pour aller assister à un concert donné par deux pianistes-chanteurs qui nous interprètent des succès des années 70, et à notre demande spéciale, terminent leur prestation avec un « ALLELUIA » de Léonard Cohen.  Elle n’est pas belle la vie?

 

Troisième journée en mer.

Encore une autre journée où nous ne voyons que de l’eau à perte de vue.  Vous allez dire que c’est normal vu que nous nous trouvons sur un navire qui fait une croisière.  Je vous l’accorde mais, le magnifique et l’effrayant en même temps, c’est que nous voyageons à quinze nœuds (approximativement 30 milles à heure) depuis 48 heures et nous n’avons absolument rien vu d’autre que l’eau, le ciel et les nuages.  L’océan Pacifique c’est immense et impressionnant!  Pour nous aider à accepter la chose, nous avions reçu la veille, un avis nous rappelant de nous conformer à la tenue vestimentaire demandée, lors d’une soirée de gala.  Tout ça se traduit de la façon suivante : veston et cravate pour les messieurs sans oublier l’harmonie dans l’ensemble de l’œuvre.  Pour les dames c’est le moment d’arborer les choix de couleurs, de style et d’arrangement définissant la personnalité de chacune.  Quelques fois il y a des ratés qui se démarqueront inconsciemment dans la mêlée.  Pour nous remercier de cet effort, nous aurons la possibilité de déguster, entre autres, une entrée de crevettes ou d’escargots à la bourguignonne suivie de homard et d’un filet mignon comme plat principal, le tout accompagné d’un vin rosé pour notre part et d’un dessert à la hauteur du service.  Nous sommes invités à la rencontre du capitaine et à un spectacle pour terminer la soirée.  Une question nous vient en tête : « Si le capitaine est ici pour faire les présentations, qui conduit le bateau? »  Inquiétant mais, vu qu’il y a un grand bout droit sans obstacles, la crainte diminue…

 

Quatrième journée en mer,

Pas de nouveau, encore la mer et toujours la mer qui continue de nous fasciner et de nous hypnotiser.


  Ah oui, j’oubliais.  Aujourd’hui c’est la fête de notre ami Denis.  Normalement, le soir, à la salle à manger lorsque c’est la fête de quelqu’un, un chœur improvisé de serveurs indonésiens entourent la table pour entonner un chant de fête indonésien.  Voici les paroles : « Panjang umurnya, panjang umurnya, panjang umurnya, serta mulia (3) ».  Nous supposons que c’est un genre de « Mon cher Denis c’est à ton tour… » car, tout le monde qui chante le font avec tellement d’enthousiasme et arborant un large sourire.  De toute façon nous faisons confiance à la vie et nous conservons le scénario qui nous plaît.

 

Dernière journée en mer avant Honolulu,

Un beau soleil dénudé de tout nuage avec une mer calme, nous donne un avant-goût des futures journées dans les îles.  Tous les passagers sont conscients de la chance que nous avons de pouvoir recommencer à visiter le monde.  Partout, sur le pont ou dans les corridors, les déplacements se font avec le masque.  Lors du deuxième test anti-covid, exigé par Holland America, quelques cas ont été décelés et mis en confinement dans des chambres de 170 pieds carrés pour une période de dix jours.  Espérons qu’ils ou elles soient dans une cabine avec vue sur la mer car, paraît-il, que le temps passe moins vite lorsque la mer n’est pas présente.

lundi 3 octobre 2022

La saga

 

Le jour fatidique est arrivé.  J’ai dû m’abstenir de faire les valises afin de conserver mon couple et de retrouver les différents articles emballés au départ de Québec.  J’en profite donc, pour régler la chambre et ainsi faire ma part avant le départ de l’hôtel.  Nous avons dû, pour nous rendre au port de Vancouver, utiliser deux taxis (pas Adrienne et moi mais les deux couples).  C’est ici que la saga commence.  Les bagages sortis, le taxi payé, nous nous dirigeons vers la seule porte grande ouverte.  Tout à coup, apparaît un petit homme enveloppé dans un survêtement fluorescent qui lève les mains en l’air et nous arrête.  Recouvert du précieux masque, il nous demande dans un anglais à l’accent indonésien, où nous allons?  Il est vrai que ce n’était pas évident avec nos deux grosses valises, le sac à dos et la valise de jour. 

- Nous venons pour l’embarquement avec Holland America, lui dis-je.

- Quoi? (il ne comprend pas plus notre accent que nous le sien).

Après quelques échanges, on finit par comprendre que nous devons aller passer le test antigénique à un autre endroit avant de pouvoir continuer car, nous ne pourrons pas faire la croisière si le test est positif.  Alors, je demande :

- Oui, mais où pouvons-nous laisser nos bagages avant d’aller plus loin?

- Non, non, non vous allez avec vos bagages là-bas (en tout cas c’est comme ça qu’il semblait nous parler).

- Ce n’est pas possible, dis-je, en montrant une affiche derrière lui où on pouvait lire : « baggage dop’off ».

Impossible de passer outre sa directive car le « survêtement fluo » lui donnait tellement de pouvoir que nous n’avons pu faire autrement que de trimbaler toutes nos valises jusqu’à l’endroit désigné pour le test soit, à quelques centaines de mètres de là.  Nous passons le test haut la main et nous repartons avec nos bagages en sens inverse pour enfin, laisser d’autres personnes pestiférer contre ces placards ambulants.  Une fois le lestage effectué, nous nous dirigeons vers le navire sans saluer en passant le monsieur fluo.  Maintenant tout va bien aller pensions-nous car, nous avons pris la précaution de faire l’enregistrement préalablement à Québec.  Parfois nous avons beaucoup d’attente et très peu se réalisent.  Nous passons au travers un terreau fertile qui aurait donné matière, pour les complotistes, à chialer et faire la fête.  Nous nous présentons devant la table d’accueil pour déposer les preuves que nous venions d’acquérir, répondre aux questions comme si nous devions avoir une intervention chirurgicale et montrer nos preuves de vaccination les plus récentes.  Par la suite, nous devons nous soumettre à une reconnaissance faciale et remontrer la preuve du test antigénique.  Voilà c’est terminé et nous pouvons monter à bord, croyons-nous.  Mais non, un préposé nous amène dans une grande salle d’attente comme pour faire baisser notre taux d’excitation avant de franchir la porte du nirvana.  La patience porte ses fruits car un préposé de « Holland America » nous fait traverser le portail menant au navire, rangée par rangée, à la file indienne et nous indique que nous devons porter le masque en tout temps (d’ailleurs il est obligatoire sur le navire pour tous les déplacements).  Et dire que certains croient encore qu’il y eu trop de mesure à Québec (LIBARTÉ).

Nous voilà enfin rendus à notre cabine sans nos valises qui n’arriveront que dans quelques heures.  Nous en profitons pour faire le tour du propriétaire (nous ne sommes pas les vrais propriétaires du navire, mais…) et s’acclimater avec les lieux.  Déjà presque deux heures d’écoulées et nous décidons de repartir à la recherche de notre cabine en espérant retrouver nos complices de voyage.  En ouvrant la porte nous les apercevons là, étendues sur le lit inertes attendant que nous nous occupions d’elles, ce que s’empresse de faire ma blonde dans un soupir de soulagement.  Demain, nous serons en mer.

 


Le « Zuiderdam » nous amène, comme prévu, à San Francisco ville mythique avec ses rues étroites, son « Golden Gate », son « Cable car », sa célèbre prison « d’Alcatraz » et ses images de poursuite dans bien des films.  Pour moi il y avait deux incontournables que nous devions faire dans le temps qui nous était départi, soit : la visite du « Fisherman’s wharf » et le Cable car.  Le Fisherman’s wharf est un ensemble de restaurants, de quais où se prélassent des « lions de mer », des prestations de prédicateurs de tout genre, des bars et des touristes.  Nous passons plus rapidement car, la plupart de ces attractions ouvriront plus tard.  Nous continuons plus loin et nous apercevons à travers la brume une structure qui nous rappelle le Golden Gate.  Chemin faisant nous remarquons la station de départ du Cable car.  Vous pensez bien que nous n’avons pas hésité une seule seconde à faire une entorse à l’itinéraire prévu.  Laissez- moi vous décrire l’appareil.  Un wagon comme nous pouvons voir dans les westerns des années trente, sans moteur, des sièges en bois et deux opérateurs capables de contrôler la bête. Il nous en coûtera 32$US pour faire un aller-retour mémorable.  Il faut quatre hommes pour amener l’engin jusqu’au quai d’embarquement car souvenez-vous qu’il n’y a pas de moteur.  Trente individus prennent place avant de permettre la mise en marche.  Tout d’un coup, dans un certain fracas, le tout se met en mouvement.  Le
dénivelé est très impressionnant et nous grimpons, lentement au départ comme pour nous habituer au glissement des passagers vers le bas ce qui demande un effort considérable pour garder sa place.  Un opérateur tire et délaisse de grandes tiges (comme dans les camions des années 60) afin de contrôler le freinage nécessaire aux feux de signalisation.  Mais, inévitablement, nous atteignons le sommet et tout ce qui monte doit redescendre comme disait un grand sage chinois, nous commençons donc une descente tout aussi mémorable et cette fois il faut deux opérateurs pour freiner l’ensemble de l’œuvre.  Rendus à destination nous en avons profité pour visiter un peu et assister à une manifestation en appui à l’Iranienne tuée pour un voile non conforme.  Nous reprenons notre moyen de transport pour revenir sur nos pas.  Cette fois-ci, j’ai dû faire une partie du trajet debout, accroché à deux sangles de cuir qui permettait d’immobiliser les deux bras mais pas le reste du corps et je vous laisse imaginer les déplacements imprévisibles et gênants.  Nous ne regrettons en rien cette expérience particulière.  Un autre rêve réalisé.  Demain nous nous dirigeons vers San Diego.

Bonne fête à mon ami Hugo et notre bonne amie Sandrine.

mardi 27 septembre 2022

C’est un nouveau départ…

 

Et bien oui, c’est reparti!  Ce matin, nous sommes partis de Québec à dix heures (heure locale) pour nous retrouver à Vancouver vers douze heures quinze minutes (toujours heure locale… mais pas le même « locale »).  Nous nous considérons, quand même chanceux car nous avons retrouvé nos bagages à notre arrivée.  Il a fallu, tout de même, regarder le carrousel tourner comme un manège à l’Expo pendant presqu’une heure avant de voir apparaître la première valise.  Nous ne comprenons toujours pas pourquoi nos valises qui partent côte-à-côte au départ n’en ressortent qu’éparpillées dans le temps, à l’arrivée.  Nous récupérons donc toutes nos valises avant de nous diriger vers l’extérieur afin de prendre un taxi qui nous amènera au « Blue Horizon Hotel ».  Nous insistons pour avoir une mini van car, nous sommes quatre amis qui voyagent ensemble avec des valises pour plus de 50 jours.  On a beau dire que nous n’avons pas besoin d’autant de vêtements puisque nous serons le plus souvent à la plage, il reste que la petite différence nécessaire dans la forme, la couleur et les tissus augmentent significativement le poids observé après l’emballage. 

 

Revenons au taxi qui, espérons-le, pourra combler nos attentes.  Sans problème, le préposé se met à la recherche du véhicule nécessaire et, le trouve.  Tous les bagages prennent place dans le véhicule et ne compromettent en rien l’espace nécessaire pour leurs propriétaires.  Nous nous efforçons de parler dans la langue de Shakespeare pour indiquer le point de chute à notre chauffeur.  Ah! vous allez à l’hôtel « l’Horizon bleu » réplique-t-il, avec un petit sourire complice.  Un peu désarçonnés, nous engageons donc la conversation.  Nous apprenons que notre interlocuteur est d’origine algérienne et qu’il vit à Vancouver depuis 25 ans (minimum).  Fier de ses origines berbères, il se lance dans un cours d’histoire sur les invasions romaines, chrétiennes et musulmanes qui ont apporté à son peuple richesse et transformation.  Il louvoie de gauche à droite pour gagner quelques secondes sur le parcours, tout en nous tenant captifs sur le récit du passé.  Il est tellement intéressant que nous avons le regard tourné vers lui.  Nous sommes attentifs et totalement admiratifs devant ses propos.  Comme pour faire une pause et reprendre son souffle, il nous demande d’où nous venons. 

Nous : De Québec qui a été fondé en 1608 (comme pour ne pas entacher la richesse de son histoire). 

Chauffeur : Fondé par Champlain, je crois!

- C’est très juste et je dois dire que vous m’épatez.

- Merci, mais j’aime l’histoire… tout en continuant à se diriger, à sa manière, vers l’hôtel.

Amine, c’est son prénom, continue sur son envolée en identifiant des mots de la langue française provenant de l’arabe, de l’origine des « chiffres arabes » et de son histoire familiale.  Nous avions l’impression que nous faisions partie de la famille.  Peu importe ce qui se passait à l’extérieur nous, nous étions dans une bulle très agréable.  Tout à coup, il ralentit, se met sur le bas-côté et nous annonce que nous sommes arrivés.  Il y a des moments où le temps passe si vite qu’on a comme un sentiment de déception.

 Nous réglons la course avec les salutations d’usage tout en ayant un sentiment d’adieu non désiré.  Quand nous nous remémorons ce moment passé nous nous disons que somme toute, nous venons de faire la rencontre d’un être exceptionnel, intéressant et captivant qui est tout simplement heureux d’être ce qu’il est. 

mardi 20 septembre 2022

C'est repartiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii...

 Bonjour tout le monde,

Que vous nous avez manqué!... en tout cas, nous espérons que nous vous avons manqué autant, en compensation à notre souffrance de l'isolement.  Après un retour difficile et un départ tant attendu nous récidivons avec une croisière de 52 jours.  Nous embarquerons sur le "Zuiderdam" au port de Vancouver pour nous diriger vers San Diego en passant par San Francisco.  Par la suite, les Iles Hawaï et la Polynésie Française nous attendent les bras grands ouverts comme pour accueillir l'enfant prodigue.  Voici le parcours et l'itinéraire détaillé.  









jeudi 2 avril 2020

Pas encore une annulation?...


Vous vous souvenez que nous devions revenir le 22 mars en partant de Honolulu pour rentrer au Québec, en passant par Vancouver, Montréal pour finalement aboutir à Québec.  Eh bien, rien de cela ne s’est réalisé.  Arrivé à Honolulu, le navire a pu accoster mais, les autorités hawaïennes avaient révisé leur position et ne permettaient plus que les voyageurs puissent descendre afin de prendre les vols qu’ils avaient si chèrement acquis.  Six heures de négociations entre les autorités gouvernementales, du navire et de la maison-mère de Holland America pour en aboutir à la plus décevante décision qu’il pouvait en ressortir.  Un refus catégorique d’y déposer les pieds sous peine de représailles en guise de conclusion finale.  Seuls les gens d’origines hawaïennes ont eu la permission de descendre et de rejoindre les leurs.  Nous pouvions voir des passagers de toutes les origines, appuyés sur la rambarde du navire, fixant obstinément ce qui se passait sur le quai en espérant un signe de conclusion plus heureuse à leur égard.  Certains Américains, désespérés de la situation, grimpent sur le garde-fou pour hurler leur appartenance sans comprendre l’indifférence des interlocuteurs sur la terre ferme.  L’attente atteint sa conclusion.  On ne permet que le ravitaillement d’un mois en nourriture pour l’équipage et le plein de carburant (il y a 200 membres d’équipage mais encore 835 passagers).  C’est avec amertume et déception que nous nous éloignons du quai en pensant à la perte de billets d’avion et au travail que nous devrons faire pour en acquérir de nouveaux.  Heureusement, des baleines à bosses, comme pour nous aider à accepter l’inévitable, nous offrent un spectacle à la sortie du port.

Le 25 mars…

L’inquiétude s’installe confortablement en nous car, l’avenir devient de plus en plus incertain.  Serons-nous capables de conclure bientôt ou devrons-nous subir les pressions électoralistes des prochaines escales?  Nous attendons des confirmations plus officielles afin de commencer de nouvelles recherches d’un futur itinéraire.  Le capitaine nous annonce que nous pourrons descendre à San Diego mais, dans un élan de prudence nécessaire, nous avise qu’il confirmera plus tard la véracité de cette annonce.  Nous patientons encore car, « chat échaudé, craint l’eau froide » dit-on.  Le 25 mars au matin, le capitaine nous interpelle pour nous confirmer qu’il a l’assurance que les passagers pourront sortir le 27 ou le 28 mais, que les personnes qui sortiront du navire ne pourront y revenir, peu importe la raison.  Nous prévoyons sortir le 28 car sachant que la majorité voulait sortir le 27 il y aurait probablement plus de places sur les vols le lendemain.  Mon ami se met sur le téléphone (il est vingt-trois heures quinze) pour parler à un préposé d’Air Canada afin d’apporter un changement d’itinéraire sur notre billet d’origine.  Un enregistrement d’attente téléphonique se déclenche.  Vous savez, ces enregistrements impersonnels qui vous affirment que votre appel est important et qui espère la bonne compréhension de son interlocuteur.  Une heure se passe avant qu’une vraie personne vienne moduler la phrase autrement.  Après les explications d’usage sur notre situation et notre demande, nous apprenons que nous aurons un vol de San Diego à Québec, avec les temps raisonnables aux escales, nous permettant, ainsi, de respecter les exigences du moment.  De plus, nous apprenons que les coûts seront nuls car, cette transaction était considérée comme le transfert d’un billet que nous avions déjà.  Nous lui offrons des fleurs virtuelles en remerciement pour ce cadeau et nous nous disons que nous sommes chanceux, malgré tout.

Le 26 mars…


« Jamais deux sans trois », dicton détestable que nous aimerions voir disparaître deux fois sur trois, va revenir à la charge plus rapidement que prévu.  Après une bonne nuit de sommeil, nous étions encore confiants pour la suite des choses et le retour.  Mais, j’ai un ami inquiet de nature et qui fouille un peu partout pour retrouver son assurance et sa tranquillité.  Le voilà parti sur le site officiel d’Air Canada vérifiant deux fois plutôt qu’une, le parcours obtenu quelques heures auparavant.  La vitesse de la liaison satellite nous oblige à plus de patience que prévu et tout d’un coup nous apparaît une image nous annonçant l’arrivée prochaine de nos espoirs.  Voilà que la tablette et le visage de mon ami se tournent vers nous pour nous afficher le professionnalisme de cette compagnie aérienne.  Sans crier gare et sans avertissement par courriel ou autre, Air Canada annule notre portion de vol entre Toronto et Québec.  J’ouvre aussitôt mon ordi, comme pour vérifier si ce serait différent sur le mien mais, peine perdue, la communication est tellement lente que nous avons le temps d’accoster avant d’avoir une réponse.  Après plusieurs tentatives infructueuses, nous abandonnons les recherches et nous nous disons que lorsque nous serions à Toronto nous nous occuperions de trouver un moyen pour rentrer à la maison.  Nous avions presqu’accepté cette situation, lorsqu’en soirée mon ami se tourne vers moi et dit : « J’ai envie d’essayé d’appeler à nouveau Air Canada ».  Nous voilà repartis, lui sur le téléphone et moi sur l’ordi, à la recherche d’une solution plus convenable.  La lenteur proverbiale des communications, que nous connaissions, nous ramène dans un état de zénitude que nous devons accepter pour ne rien perdre.  Enfin, j’entends mon ami dire : « Bonjour, j’ai appelé hier… » et le reste de l’histoire cité plus haut afin d’avoir des explications et possiblement un transfert entre Toronto et Québec.

Agent : Nous pourrions vous offrir Toronto – Montréal – Québec, départ de Toronto 8:30 arrivé à Québec à 18:30.

Denis : Vous n’auriez pas quelque chose de mieux?

-        - Nous aurions Toronto - Ottawa - Montréal - Québec avec la même heure d’arrivée à Québec.
-        - Vous n’avez pas de vol direct entre Toronto et Québec, pourtant hier vous nous l’aviez offert?
-        - Je vais voir je nous reviens.
-        - Elle m’a mis en attente et j’espère que je ne perdrai pas la communication…

Au bout de dix minutes…

-        - Bonjour, il ne reste que 5 places de libre dont 3 en classe affaire et 2 en économique.
-        - Il nous en coûterait combien de plus pour des places en classe affaire
-        - Je vais voir, je vous reviens…
-        - NE ME METTEZ PAS… trop tard elle est parti

Après un autre dix minutes…

-     - Bonjour, il faudrait séparer les billets que vous avez présentement pour pouvoir avoir de billets en classe affaire.
-        - Je ne veux pas séparer les billets, nous voulons tous revenir au Canada
-        - Il n’y aurait pas de problème, vous serez tous sur le même vol de San Diego à Toronto
-        - Combien ça coûterait de plus?
-        - Je vais voir, je vous reviens…
-        - NE ME METTEZ… trop tard (elle nous a encore mis en attente)

Un autre dix minutes…

-        - J’ai séparé les billets voici les numéros de confirmation pour ceux de la classe affaire…
-        - Mais vous m’assurez que nous sommes tous sur le même vol pour Toronto?
-        - Oui, sans problème.
-        - Combien?
-        - Il vous en coûtera 860$ par personne de plus pour la classe affaire entre Toronto et Montréal
-        - COMBIEN?
-        - 860$ par personne…
-        - Pouvons-nous y penser quelques minutes?
-        - Oui et elle repart…

Nous n’en pouvons plus et nous laissons tomber la classe affaire car nous reprendrons les démarches à notre arrivée au Canada.

-        - Bonjour, avez-vous pris une décision?
-     - Nous ne changeons rien mais, vous m’assurez que le vol entre San Diego et Toronto est inchangé pour nous quatre?
-        - Assuré, voici les numéros de confirmation….

Il est minuit quinze le 27 mars.  Nous allons dormir car il nous reste toute la journée du 27 pour trouver une solution étant donné que notre vol est prévu pour onze heures quarante le 28 mars.

Le 27 mars…

Vers sept heures trente du matin le 27 mars, le téléphone de la chambre se lance tel un coq de malheur dans un matin de béatitude.  C’est mon ami qui m’interpelle et me demande si j’avais vu mes courriels.  En vacances!  rarement avant sept heures trente lui répondis-je, tout en faisant un bon pour saisir ledit appareil.  Surprise, Air Canada annule le vol que nous venions de nous faire confirmer il y a à peine quelques heures auparavant.  Nous nous retrouvons à nouveau dans une situation des plus difficiles car nous devons quitter impérativement le navire au plus tard le 28 mars et que les autorités de San Diego n’acceptent pas que vous débarquiez du navire sans une preuve de votre départ vers votre pays d’origine.  Sans plus attendre, moi sur l’ordi et mon ami au téléphone, nous tentons d’être sur le vol (confirmé pour près de cent trente passagers canadiens) de quinze heures vers Toronto.  Cette fois, la plupart des passagers n’ayant plus besoin de WiFi, nous pouvons naviguer plus rapidement et nous atteignons plus facilement le site officiel de cette compagnie de broche à foin.  Rapidement, nous constatons qu’il y a suffisamment de places pour nous et nous confirmons aussitôt, mais avec des frais inhérents, bien entendu et sans vraiment d’attente quant au choix des sièges.  Pour plus d’assurance, je fais immédiatement l’enregistrement que je fais imprimer avec l’aide du « Front Desk ».  Il est huit heures trente, nous n’avons pas déjeuner et nous devons quitter le navire pour dix heures.  Je vous laisse imaginer le branlebas de combat mais, nous étions contents car nous avions un vol qui nous ramenait au Canada.  C’est le cas de le dire qu’il nous ramenait et sans plus.  Un accueil distant avec une hôtesse de l’air qui nous offre des bouteilles d’eau dans un panier et qui disparaîtra du décollage à l’atterrissage.  La suite est moins dramatique parce que le soir même à Toronto nous avions un vol direct, pour le lendemain, avec West Jet et ce dernier sans complication.

Si vous avez lu jusqu’ici c’est que vous êtes vraiment intéressés à ce que nous vous racontons et vous méritez de rester sur la liste…

À l’année prochaine….