lundi 27 février 2017

L’effet papillon…

Les prévisions météorologiques pour la région de San Diego se détérioreront dans les prochains jours.  Qu’à cela ne tienne, comme dirait l’autre, nous ne restons pas ici car, nous embarquons sur le « Maasdam » pour des cieux et des jours meilleurs.  Ce que nous n’avions pas prévu, c’est l’effet papillon si souvent énoncé.  En effet, les conséquences collatérales du mauvais temps à San Diego, provoquent un roulis constant du navire et nous rappellent qu’une chose promise est une chose due.  Le paysage change constamment, comme pour nous divertir, tantôt on voit la mer tantôt non.  C’est un roulis de longue haleine, c’est-à-dire, pas suffisamment violent pour occasionner le mal de mer mais, assez pour faire tituber quiconque, sans l’aide de substances euphorisantes.  Une chance que les couloirs sont étroits, ce qui diminue grandement la force de l’impact non désiré.  Nous décidons de lutter contre cet effet, en inventant un jeu.  Celui qui reste le plus au centre, gagne.  Tout ça commence, sans avoir demandé préalablement l’avis de nos cerveaux respectifs.  Ces derniers ne sont pas d’accord pour changer ce qu’ils ont si difficilement acquis au cours des années; ce qui provoque chez-nous des sourires forcés.

Nous prenons notre mal en patience et nous acceptons avec humilité la force des éléments extérieurs qui se jouent de notre incapacité de vouloir tout contrôler.  Un malheur n’arrive jamais seul.  En effet, ayant le souper du capitaine ce soir, nous devrons nous déguiser.  Pour ma part, enfiler un pantalon chic, une chemise neuve, un blouson et des souliers qui laissent peu de liberté à une structure faite pour la sandale, ne me dérange pas.  C’est lorsqu’il faut finaliser le tout avec la pose accessoire d’une cravate qui m’affecte un peu plus.  J’ai toujours l’impression d’avoir une corde au cou ou une laisse afin de contrôler tout déplacement non désiré.  De plus, à la table, elle se déplace de manière incontrôlé et se rapproche dangereusement de votre repas augmentant ainsi la possibilité d’y imprégner un souvenir indésirable qui sera longtemps le point de mire.  Heureusement, dans mon entourage j’ai un ami qui a pu m’éviter tous ces désagréments.  En me prêtant un « nœud papillon » pour la circonstance, Martin m’a permis de respecter toutes les exigences et a mis des étincelles dans les yeux de ma blonde.  En effet, lorsque j’ai fait un quart de tour pour me voir dans le miroir, j’ai remarqué que le tout était remarquablement bien agencé.  Je me trouvais beau et aristocrate.  C’est ce qu’on appelle « l’effet papillon ».  Fier comme un paon, je me dirige vers la salle à manger, bombant le torse de telle sorte qu’il est difficile de fermer le blouson.   C’était trop beau pour durer, car en mettant les pieds dans la salle à manger j’ai pu reboutonner mon veston suite à la vision qui se présentait devant moi.  Je n’étais pas le seul à arborer ce nœud faisant ainsi de moi, un objet plus commun.  Mais, pour ma blonde, j’étais encore le plus beau… enfin je l’espère.  Quelques minutes suffirent pour me ressaisir et me permettre de partager un magnifique souper en excellente compagnie.  Une entrée avec des « escargots bourguignons » suivi d’un petit bouillon simple mais qui vous laisse un arrière-goût que vous ne voulez pas perdre.  Vient ensuite le plat de résistance où mon entourage se lance sur « surf & turf » (sachant que le turf pour la circonstance était des grosses crevettes).  Moi j’opte plutôt pour le magret de canard avec une sauce aux figues fraîches accompagné de petits légumes.  Une pièce de viande tellement tendre que je n’ai pas besoin d’en maquiller la saveur avec la sauce d’accompagnement.  J’aimerais connaître le chef pour avoir des conseils, car je n’ai jamais eu une pièce de viande aussi tendre et savoureuse.  Je suis jaloux mais encore beau….


Après trente heures de navigation, nous faisons une escale à « Cabo San Lucas » en basse Californie.  Enfin nous allons mettre un pied à terre (ou les deux c’est préférable) pour visiter cette station balnéaire.  Encore une déception avec un endroit hautement touristique.  Tout est en fonction du touriste soient les prix, les attractions, la multitude de restaurants cordés les uns sur les autres et les artisans variés et tellement répétitifs en même temps déambulant nonchalamment dans les rues.  Ne trouvant pas de points d’intérêts dignes d’un détour nous décidons de chercher un endroit avec le « WiFi » gratuit pour avoir de nouvelles de chez-nous.  La connexion est tellement lente, qu’il serait mieux pour nous d’envoyer une carte postale et d’en attendre la réponse.  Nous choisissons plutôt de revenir au bateau et d’attendre à la prochaine escale.

mardi 21 février 2017

Il faut le faire...

(Pour les besoins de la cause, disons qu’à chaque fois qu’il faudra utiliser le terme « scanner » vous verrez un « beep »)

Cette année, nous avions demandé à notre agent de voyage, (la magnifique, la fantastique, la dévouée Audrey), de changer nos billets d’avion pour nous rendre à San Diego.  Il faut qu’on vous explique que nous avions décidé d’opter pour une nouvelle compagnie d’aviation, compte tenu que nous obtenions de meilleurs prix.  Nous partions quand même de Québec avec une escale à « New York » pour enfin se diriger vers la Californie.  Nous avions par contre, quelques inquiétudes car le temps alloué pour faire le transfert à New York était relativement court, connaissant le tatillonnage douanier américain.  Quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre quatorze jours avant notre départ, que la compagnie avait changé ses heures de vols et que, par le fait même, restreignait davantage le temps accordé au transfert.  Un autre élément s’ajoutait à notre crainte de ne pas y arriver, c’est la nouvelle présidence américaine et le durcissement des conditions aux postes frontaliers.  On n’hésite plus et on mandate Audrey de faire des pieds et des mains pour améliorer la situation.  Notre magicienne de l’heure nous déniche un autre vol de Québec passant par Toronto pour enfin nous rendre à l’endroit convoité depuis longtemps.  Le temps entre les deux est plus raisonnable et nous permet d’arriver à nos fins.

Nous nous présentons à trois heures trente à l’aéroport de Québec pour prendre notre vol
vers Toronto prévu pour cinq heures (le matin).  Nous nous soumettons à toutes les exigences nécessaires avant l’embarquement.  Tout va bien et nous voilà dans la file pour la fouille traditionnelle sans oublier de faire « beep » avec notre carte d’embarquement avant d’entrer dans la file et de « beep » à nouveau après, comme pour être certain qu’il ne s’était rien produit entre les deux….  Après une heure et cinquante minutes de vol avec quelques turbulences (curieusement en passant au-dessus de Montréal nous avons senti les nombreux nids de poule).  Arrivée à l’aéroport Pearson nous commençons notre pèlerinage.  Il y a le « Chemin de Compostelle » et le chemin du terminal torontois.  Nous nous dirigeons donc, vers la section des douanes américaines.  Après un long détour à la recherche de la porte « F53 » pour notre embarquement final, nous apercevons, au loin, la douane américaine.  La préposée au triage fait « beep » avec notre carte, pour savoir si nous sommes bien à la bonne place pour passer au douanier qui vient de se libérer. Ce dernier qui fait un va et vient constant des yeux entre notre passeport et nous pour finalement nous dévisager sans oublier faire faire « beep » à notre carte (sécurité oblige).  Nous en avons terminé avec ce dernier mais avant de sortir de cet enclos, une autre préposée doit « beep » à nouveau.  Pourquoi?  Par la suite, nous déambulons dans un couloir d’appareils électroniques, mis à la disposition du voyageur un peu ahuri, pour une vérification supplémentaire.  Nous devons présenter notre passeport pour vérifier s’il s’agit bien de notre passeport et en profiter par la même occasion pour nous « photocopier » le portrait (j’ai bien dit photocopier car c’est de qualité photocopieuse usée et non photographique).  Par la suite, la machine nous éjecte un fac-similé à présenter avant de passer à la prochaine étape.  Mais attention, ne passe pas qui veut et comme il le veut car, un autre agent nous attend afin de nous délester de notre dernier document.   Malgré toutes ces précautions nous devons passer par le « beep » afin de franchir la prochaine étape.  Vaut mieux en rire car, nous ne sommes pas au bout de nos peines.  Il a fallu peu de temps où nous dûmes (que c’est bien dit) choisir entre le couloir de gauche ou de droite.   Ne soyez pas inquiets, une autre préposée nous attendait pour nous indiquer le chemin, moyennant un petit « beep » de notre document qui palissait de gêne.  Je crois qu’il y a un léger relâchement dans la sécurité américaine depuis l’avènement du nouveau président.  Je vous le dis, nous vivons une ère nouvelle.  Vous croyez que c’est terminer, et bien non et je vous laisse deviner le dernier « beep » qui nous permettra de nous envoler vers San Diego.



Arrivés sains et saufs à San Diego et une bonne nuit de sommeil, nous décidons d’aller explorer les environs de la ville d’accueil temporaire.  Ici vous pouvez vous procurer une passe journalière pour le transport en commun, toutes sortes confondus, pour la modique somme de cinq dollars.  L’occasion est trop belle et nous en profitons pour aller à la frontière du Mexique sans la traverser car, l’expérience précédente avait laisser des traces qui nous rendait un tantinet hésitant.  Nous revenons donc vers la grande ville et nous nous laissons porter jusqu’à la « Marina ».  Cette dernière abrite entre autre : quelques monuments commémoratifs de militaires ayant fait l’histoire, un hommage à Bob Hope pour son implication lors de la dernière grande guerre et le porte avion « Midway » que nous pouvons visiter moyennant vingt dollars américains par personne.  Nous avons plutôt opté pour un bon repas de poissons et fruits de mer pour le même prix.  Étant bien rassasiés, nous retournons vers le transport en commun pour nous diriger vers une autre région soit la vieille ville.  Un village d’antan à l’américaine où tous les musées sont gratuits dans un parc refaisant l’histoire abrégée du déracinement d’une tribu locale par les Espagnols, d’une guerre USA – Mexique et de l’implantation de la « Wells Fargo Company » qui nous ramenait à des souvenirs d’enfance.  Sentant que la fatigue s’imposait de plus en plus, nous décidâmes de revenir au bercail afin de refaire le plein pour demain.   Ah oui, j’oubliais de vous dire que tout ça s’est fait sous un ciel bleu de vingt degrés celcius.



En passant nous souhaitons bonne fête à Madeleine le 23 février prochain…

dimanche 5 février 2017

Vers une autre destination...

Bonjour tout le monde,

Le 19 février prochain, nous prendrons l'avion pour nous diriger vers San Diego, en Californie, d'où nous prendrons le navire qui nous amènera jusqu'au Pérou.  Par contre nous subirons probablement, les contrecoups d'une administration américaine à la "va comme je te pousse...".  En effet, l'ajout de  nouvelles mesures de sécurité désorganise les horaires de transfert établis depuis tant d'années.  Nous constatons que nous n'aurons plus suffisamment de temps pour l'envol final car, chercher l'improbable est une tâche ardu et fastidieuse.  Ne vous "trumpez" pas, nous partirons quand même vers des civilisations plus clémentes et moins égocentriques....

Voici à quoi ressemblera notre parcours...










































































































mardi 23 février 2016

Dernière étape…

Nous sommes arrivés à Montevideo en Uruguay ce matin comme prévu.  Nous avons dû attendre quarante-cinq minutes le pilote qui était en retard, avant de pouvoir entrer dans le port.  Honnêtement, ce n’est pas un gros dérangement car, nous avons toute la journée et la ville est petite. De plus, ce que nous voulons voir se situe dans un périmètre assez restreint.  Nous savourons donc notre petit déjeuner et reprenons un deuxième café (nous aurons toujours le temps de nous alléger d’une partie avant de partir).  La température, même si nous donnons généreusement de notre personne, est quelque peu maussade et accentue la teinte grisâtre des bâtiments présents.  Par contre, la ville conserve l’empreinte du temps laissé par l’histoire des siècles passés.  Balcons en porte-à-faux, rues étroites en pavés, portes d’entrées énormes en métal se succèdent de rues en rues.  Les pays de l’Amérique du Sud qui sont plutôt de confession chrétienne ont su garder, dans leurs lieux de culte, la richesse et la beauté de leur histoire.  Nous déambulons ici et là en cherchant du regard l’inhabituel, l’incongru qui nous donnera pendant quelques instants, de l’émerveillement.  Nous ne sommes pas désabusés mais, si le décor qui nous entoure a déjà été enregistré dans nos mémoires, celles-ci demandent de nous renouveler.  Après trois bonnes heures de marche, nous décidons de revenir au navire pour prendre notre repas du midi.

Si mes genoux me le permettent, nous retournerons sûrement voir un autre coin.  Ma blonde a compris ma douleur et m’offre d’aller faire un peu d’exploration de boutiques que nous avions vue rapidement, ce matin, au début de notre parcours.  J’en vois déjà rire et qui se disent qu’elle a très bien compris ma douleur car elle veut me faire souffrir au davantage.  Si vous pensez ça, c’est que vous ne connaissez pas ma blonde.  Je crois plutôt que, sachant que normalement dans ces lieux, il y a des endroits pour se reposer, je pourrai m’exécuter pendant que madame cherchera.  Ça c’est de l’altruiste à l’état pur, à mon avis!  C’est parti et nous nous déplaçons d’une table d’artisan à l’autre cherchant ce qui pourra augmenter la charge de nos valises.  Curieusement je ne vois pas beaucoup de bancs pouvant effacer le doute qui s’installe sournoisement en moi.  Encore quelques pas et nous pénétrons à l’intérieur d’un marché public.  L’étincelle revient et la douleur s’atténue par le spectacle qui s’offre à nous.  Une grande chaleur nous enveloppe et nous attire.  Elle provient d’immenses plaques de charbon de bois grillant pièces de viande, légumes, poivrons et… clientèle.  Personne ne se plaint et la satisfaction se constate à la façon dont les victuailles disparaissent des assiettes.  Quelques boutiques éparses diminuent, momentanément, cette proximité avec la chaleur des fours.  Nous en faisons le tour avant de retourner au navire qui nous amènera loin de tout ça.

Nous quittons Montevideo pour nous diriger vers la dernière étape de notre périple : « Buenos Aires ».  Capitale de l’Argentine qui compte plus de trois millions de personnes et avec l’agglomération urbaine elle augmente ce nombre à treize millions.  Fondée le 11 juin 1580 par « Juan De Garay », la ville n’a pas cessé de prendre de l’expansion.  C’est samedi et, comme partout ailleurs, la ville est presque au repos.  L’animation tarde à venir et nous pouvons occuper les parcs, les petites rues et les rues marchandes n’ayant pas encore repris leurs fonctions.  Les rues sont désertes comme le lendemain des Fêtes à moins trente degrés.  Au fur et à mesure que nous avançons dans la ville, l’animation se concrétise.  Est-ce notre présence, notre empathie ou l’heure  qui est responsable de ce changement graduel, je ne saurais vous dire mais, toujours est-il que les rues prennent une toute autre allure.  L’animation montante, donne à la ville une autre perspective.  La lumière est meilleure et les ombres sur les murs se déplaçant à vitesse variable changent la toile de fond et nous font apprécier de plus en plus ce qui nous entoure.  Chemin faisant, nous arrivons au premier monument que nous voulions voir absolument la: « Catedral Metropolitana » avec ses colonnes imposantes en façade.  Elle nous invite à y faire un tour.  L’intérieur est magnifique avec son autel baroque de la fin du XVIIIe siècle, ses fresques, sa chapelle de marbre et de bronze et le mausolée du général « San Martin », recouvert du drapeau argentin et veillé par deux grenadiers.  Le général San Martin est le libérateur du Chili, du Pérou et de l’Argentine.  En face de la cathédrale nous avons la « Plaza de Mayo ».  La Place de Mai est entourée, outre la cathédrale, par les principaux centres du pouvoir de la ville et du pays (Casa Rosada siège de la présidence du pays).  C’est dans cette enceinte que nous retrouvons les principales manifestations dont celles des Mères et des Grands-Mères de la Place de Mai qui, tous les jeudis, tournent dans le parc pour retrouver leurs enfants et petits-enfants disparus durant la junte militaire.  Nous retournons sur nos pas par un autre chemin qui nous amènera dans un autre parc avec de magnifiques figuiers dont les branches, qui s’étendent à l’horizontale, doivent être aidées par d’énormes supports.  Nous empruntons donc la célèbre rue « Florida » la rue commerçante par excellence avec ses boutiques toutes plus alléchantes les unes que les autres et les revendeurs de billets à tous les dix mètres qui vous interpellent avec leurs « cambio, cambio, cambio » pour se substituer aux guichets automatiques plus froids mais combien plus honnêtes.  Demain nous nous déplacerons, en autocar pour visiter d’autres coins de cette immense ville.


C’est en parcourant la ville en autocar que nous nous rendons compte de l’étendue de cette ville.  Une ville où son artère principale à sens unique, « l’avenue de la libération », comporte neuf voies pour les voitures.  Une ville dont le premier cimetière acceptait les gens de toute allégeance mais, qui par une loi, au début du siècle dernier, ne permettait qu’aux mieux nantis de pouvoir y être inhumés et dont les mausolées sont tellement énormes qu’il ne reste plus de place pour personne d’autre.  Ce cimetière abrite, par contre, la dépouille « d’Eva Peron », femme de président, qui a fait tellement pour améliorer les conditions sociales des plus démunis.  Un peu plus loin, un autre parc, célébrant un autre conquérant ou libérateur.  Trop de conquérants pour moi, même Don Quichotte s’en mêle.

jeudi 18 février 2016

Nous remontons doucement…

Nous voilà à « Puerto Madryn » comme promis par JG (c’est le capitaine qui se nomme lui-même comme ça).  Puerto Madryn est une très petite ville située en Patagonie atlantique.  C’est le dernier endroit pour voir des colonies de manchots.  Nous sommes satisfaits de ce que nous avons déjà vu et donc nous en profiterons pour visiter les environs qui nous sont offerts et, bien entendu, faire du « lèche-vitrine » précommandé.  Nous attaquons donc la ville à neuf heures, bien décidés à ne rien manquer.  Après quelques déplacements ici et là, nous nous rendons vite compte que nous ne pouvons pas manquer quoique ce soit car, il n’y a rien à voir à moins, de prendre un taxi et de se taper deux heures et demies de route pour voir des cormorans et des lions de mer.  Désespérés, nous commençons notre magasinage plus tôt que prévu.  Nous les hommes, nous sommes remplis de bonne volonté mais, nous regardons, quand même autour si nous ne pourrions pas faire d’autres activités plus lucratives.  Le Seigneur est de notre côté car, nous apercevons, de l’autre côté de la rue, un autobus déguisé en train farfelu.  Il n’en fallait pas moins pour demander un changement de programme et d’aller s’enquérir de ce qui en était.  Une jeune Espagnole nous explique, que nous pouvons faire un tour de ville guidée pour une durée d’une heure et trente minutes.  Pour quinze dollars américains par personne nous allons tout connaître, enfin, sur cette ville.  Un tour de ville d’une heure et trente pour nous montrer un quartier presqu’en ruines, des maisons délabrées et sans intérêts avec des explications en anglais mais, avec un fort accent espagnol.  Encore un peu, et nous nous retrouvons dans la rue que nous avions déjà arpentée.  Heureusement le tour ne se termine pas ainsi et nous nous dirigeons vers l’autre extrémité de la ville.  Nous passons à travers des rues aux maisons plus cossues et mieux entretenues.  Le temps file et nous avançons toujours sans nous arrêter, jusqu’à un promontoire sur le bord de la mer.  Le point de vue est superbe.  Nous faisons un arrêt de dix minutes.  Merde le seul coin avec un peu d’histoire où il y avait quelque chose à voir, ne nous est pas accessible.  Le fait est, qu’en dessous de la falaise il y a les grottes qu’ont dû occuper les « Gallois », fraichement débarqués du voilier « Mimosa » le 28 juillet 1865.  Ces derniers ont été surpris par l’hiver et ont constatés qu’il n’y avait pas de bois pour se construire les abris nécessaires à leur survie et qu’ils étaient dans l’impossibilité de rebrousser chemin.
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Ça y est, les dix minutes sont passées et nous devons reprendre la route.  Tout le monde revient à l’autobus, en contournant le chien qui, pendant tout le parcours, avait couru devant le bus comme pour montrer le chemin au conducteur.  Mais je crois que notre conducteur connaissait parfaitement le parcours car, il ne se souciait aucunement de ce « canis familiaris ».  Revenus à notre point de départ, nous ne pouvons que constater que notre vision des lieux était des plus réalistes mais, que nous avions sauvé une heure et trente minutes de magasinage ou de « shopping », comme diraient mes amis français.  Sauvé!  Pas plus qu’il faut car, nos dames s’étant mises sur « pause » à l’embarquement de l’autobus, elles ont tout simplement appuyées sur « play » pour le reste de sortie.  Puisqu’il le faut, nous nous acquittons de notre dette et nous arpentons de long en large les quelques magasins dans la rue principale.  Les achats pour « Hugo » (le nouvel amoureux de ma blonde qui est le fils de la filleule) terminés nous pouvons revenir au navire.  De retour au navire nous allons prendre une bouchée et en profiter pour passer en revue les différents achats.


Nous devons repartir de Puerto Madryn vers quatorze heures trente, si tout le monde est revenu à bord.  Il y a souvent des irrésistibles retardataires qui modifient l’horaire prévu.  Nous étant trouvés une place de choix dans le salon supérieur pour ne rien manquer du départ, nous sommes interpelés par le haut-parleur qui se réveille.   L’équipe médicale est demandée d’urgence à la chambre 70….  Je m’abstiendrai de dévoiler les deux derniers chiffres pour des questions de confidentialité et par respect pour la famille.  Ce n’est qu’une heure plus tard que le haut-parleur repris du service mais, cette fois avec la voix du capitaine.  Il nous annonce que la personne est décédée et que nous devons attendre que les autorités soient mises au courant et nous permettent de poursuivre le voyage.  Ce n’est qu’a six heures soit, trois heures et demie plus tard que nous avons repris la route.  À ce moment, le capitaine nous annonce qu’il fera tout en son pouvoir pour rattraper l’écart mais qu’il devra faire le point le lendemain midi.  Il est resté discret sur les événements et c’est pour cette raison que je ne peux vous en dire plus.  Demain, nous serons donc en mer pour nous diriger vers « Montevideo » en Uruguay.

mercredi 17 février 2016

Falkland nous voici…


Hier, le capitaine nous a amenés à « l’île de la Déception ».  Cette île doit son nom à l’explorateur « Nathaniel Palmer » qui, en novembre 1820, n’a pu trouver d’autre qualificatif pour honorer cet emplacement.  Elle porte vraiment son nom et elle est très décevante par rapport à tout ce que nous avons pu voir précédemment.  D’aspect grisâtre avec ses neiges souillées par la poussière de ses flancs, transportée par les vents omniprésents.  Par contre, cette île de formation volcanique, abrite sur ses plages, une des plus grandes colonies de « manchots Gentoo », plusieurs phoques « crab eater » qui en passant ne mangent pas de crabes mais ne se nourrissent que de « krill » et, enfin, de plusieurs espèces d’oiseaux marins dont les «pétrels » Negro et Antartico.  Aujourd’hui, le capitaine ne pouvait pas placer le navire parallèle à l’île afin de permettre à tout le monde de pouvoir photographier la faune présente; la force des vents nous aurait déportés contre les berges de l’île et comme nous avons encore un petit bout à faire avant la fin du voyage, je crois qu’il a pris une bonne décision.  Aujourd’hui nous avons vogué toute la journée à une vitesse de dix-huit nœuds nautiques sur une mer relativement calme.  Tous les passagers apprécient grandement le calme relatif de la mer.  Demain, nous devrions atteindre les « Île Malouines ou Falkland Islands » vers sept heures du matin.  Ce n’est qu’à ce moment que nous pourrons savoir si nous pouvons aller à terre car, nous avons encore besoin de la collaboration de Dame nature.  Normalement, il y a cinquante pourcents de chance que nous puissions visiter l’île car, souvent les éléments naturels ne collaborent pas.


Oubliez ce que je viens de dire car, au réveil ce matin nous avons constaté que la température était plutôt en notre faveur.  Nous sommes donc chanceux et nous pouvons prendre le tender pour aller sur la terre ferme.  Le temps est gris et un peu maussade comme si la Grande Bretagne voulait reproduire le plus fidèlement possible son environnement.  Malgré le temps froid, pluvieux et humide nous nous estimons heureux de pouvoir aller à terre.  Les Îles Malouines ont été le théâtre de trois conflits importants au cours du siècle et demi dernier.  D’abord vers la fin du 19ième siècle pour en prendre possession contre les Français.  Par la suite, lors de la première guerre mondiale où l’Allemagne, en 1914, avait envahi l’île afin de couper l’approvisionnement en charbon et les communications radio à l’armée britannique.  Enfin, en 1982, lorsque Mme Thatcher n’avait pas cédé à l’invasion de l’Argentine pour en faire un de ses territoires.  Ces faits d’arme sont très bien identifiés par trois monuments mémoriaux ainsi qu’à l’intérieur de la Cathédrale anglicane où on souligne avec fierté ces batailles.  Les vitraux de la cathédrale nous racontent même une partie de cette histoire.  Tout est très « british » ici, comme nous le prouvent l’allure des maisons, les policiers et leurs habillements identiques à ceux de Londres et la conduite à gauche des « Land Rover ».  Je parle surtout de cette voiture car elle forme plus de la moitié du parc automobile de l’île ce qui dénote un peu l’état des routes.  Nous pouvons y voir aussi quelques expositions sur des activités révolues comme les communications radio et téléphoniques qui ont eu court jusqu’en 1985, la forge, l’imprimerie du temps et la chasse à la baleine.  D’ailleurs, c’est le territoire de la baleine bleue.  Cette dernière peut atteindre une longueur de trente-trois mètres de long.  Juste à côté de la Cathédrale anglicane il y a un  monument qui est fait avec les mâchoires inférieures de deux de ces baleines et je dois vous dire que c’est très impressionnant.  Après trois heures de marche sous la pluie accompagnée du vent du nord, nous décidons de rentrer au bercail, sachant que nous avons vingt-cinq minutes de « tender » à faire pour arriver au navire.  En fin de compte c’est le même temps que pour l’aller mais, je ne savais pas comment vous épargner cette dure réalité que nous vivons fréquemment
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Demain, nous aurons une journée en mer pour nous rendre à « Puerto Madryn » en Argentine.  Déjà nous sentons le fond de l’air se réchauffer de plus en plus.

dimanche 14 février 2016

À nous le continent….


Il est dix-huit heures et nous avons une impression de déjà-vu lorsque nous regardons le décor par la fenêtre de la salle à manger.  Nous sommes bel et bien revenus à notre point de départ afin d’y laisser madame ou monsieur X avant d’entreprendre la grande traversée.  Le navire fait un demi-tour sur lui-même et nous voilà repartis pour le continent blanc.  Le capitaine nous apprend qu’il ne peut plus attendre car, le retour sur nos pas a augmenté considérablement le retard escompté.  Il s’engage donc en direction du « passage de Drake », passage obligé avant « l’archipel Palmer », notre destination, où se situe la majorité des stations de recherches des différents pays.  Il nous annonce, par la même occasion, que nous pénétrerons dans la zone de turbulence vers minuit et que le temps ne s’améliorera pas avant les treize à quatorze heures, le lendemain.  Il nous demande de ne pas laisser d’objets libres sur les balcons car, la vélocité des vents pourrait les projeter hors du navire.  Il nous demande aussi de bien stabiliser les choses dans notre cabine et de faire attention lors de nos déplacements, car un « vieux » ça se déplace toujours la nuit…(quelques fois plus rapidement qu’il l’aurait souhaiter).

Nous nous couchons de bonne heure, espérant ainsi ne pas avoir connaissance du mouvement exagéré de notre « Zaandam ».  Le tout fonctionne comme nous l’avions pensé jusqu’au moment où, par inadvertance, à quatre heures du matin, j’allume la lampe de chevet (l’interrupteur étant au-dessus de ma tête) et me réveille en me demandant ce qui se passe.  Je ferme la lampe mais, merde je suis réveillé et je me rends compte que le capitaine ne comptait pas de blague.  Ça brasse en titi!  Ça brasse assez qu’il y a même des personnes, au sixième étage qui ont roulées hors de leur lit, en tout cas c’est ce qui nous a été raconté de la bouche même de l’affligé.  Des vents de 80 km/h remplissant les promesses sur la hauteur des vagues et définissant l’amplitude des pas lors de nos déplacements.  C’est au moment de vous déplacer vers la salle de toilette que vous vous rendez compte que vous pouvez l’atteindre dans un temps record.  C’est à cet instant précis que je me suis mis à penser à tous ces explorateurs qui ont fait le même parcours, mais en voilier.  Non je ne veux plus penser à ça, je retourne dans mon lit et je dors ou j’essaie.  Nous aurions bien aimé vous faire partager davantage ce mouvement aqueux par une photo ou vidéo explicite mais, impossible de sortir à l’extérieur le capitaine en interdit l’accès.

Comme nous avait prédit le capitaine, le temps s’est calmé quelque peu, ce qui a permis à la majorité de reprendre leur esprit.  Nous avancions à une vitesse de douze nœuds marins afin de ne pas causer trop de stress à la structure du navire.  Maintenant que la vitesse des vents a considérablement diminué, le capitaine pousse les machines pour atteindre une vitesse de croisière d’un peu plus de 19 nœuds marins (environ 34 km/h).  À cette vitesse nous devrions atteindre le 65ième parallèle sud, « l’Archipel de Palmer », avant quinze heures demain.  Malgré toutes ces améliorations, le navire se garde encore quelques mouvements ayant des effets sur notre équilibre.  Nous commençons à faire du mimétisme par notre démarche de pingouins dans les différents corridors.  C’est quand même mieux que ce matin et je dois vous dire que lorsque vous êtes dans votre lit, vous vous sentez comme dans un ber et vous vous laissez bercer.  La nuit s’est très bien passée et la surprise de ce matin a été de constater le contraste d’avec la veille.  Une température extérieure de moins trois et de la neige sur le balcon promenade.

Après une bonne nuit de repos et un bon petit déjeuner, nous nous habillons correctement, une tuque callée jusqu’aux oreilles et caméra aves les objectifs nécessaires.  Nous ne savons où donner de la tête ou de la caméra mais, tout nous semble essentiel à immortaliser.  Un paysage sauvage pas encore touché par  quelconque compagnie avide de faire que des profits pour le bien de l’humanité et de son portefeuille.  Même si le temps est un peu couvert et que le soleil est absent pour le moment, il n’en reste pas moins que c’est un spectacle féérique.  Nous aurons les trois prochaines journées pour nous reprendre côté photos.  Le taux d’humidité atteint les quatre-vingt-dix-huit pourcents ce qui fait que le petit -3o C nous traverse de part en part.  Ajoutez à ça, l’inévitable facteur vent qui est omniprésent et je peux vous affirmer que les températures du Québec sont plus clémentes (en tout cas il nous semble).  Je dois ajouter que l’environnement qui nous a été offert, a largement compensé cet inconvénient.



 La deuxième journée près du 65ième parallèle restera à jamais gravée dans nos mémoires.  Un ciel radieux avec un soleil qui met en valeur les moindres reliefs géologiques autour de nous.  Un blanc immaculée presqu’aveuglant, des teintes bleutées sortant des abîmes et une eau calme nous offrant le paysage en double.  Nous sommes comblés et émus de ce qui se déploie devant nous.  Lentement le navire se faufile à travers ces icebergs (masses de glace formée d’eau douce qui se détachent des glaciers), ralentit pour prendre une courbe et s’arrête pour nous laisser admirer des colonies de manchots, qui se servent de leurs ailes pour nager, (car il n’y a pas de pingouins ici qui sont d’origine nordique et se servent de leurs ailes pour voler).  Il y a aussi de phoques qui se prélassent sur de mini icebergs.  Ce milieu est protégé par une entente sur l’environnement et le capitaine tient à respecter cette entente.   Il a donc demandé à tous les passagers de ne pas manger ni boire à l’extérieur, de s’abstenir de fumer afin d’éviter tout déchet potentiel pouvant se retrouver dans la mer.  Il a aussi demandé de ne pas chanter, faire de bruit ou de la musique afin de respecter la vie environnementale.  Le silence et le chant de la nature sont rois.  Demain nous nous dirigerons plus vers « l’Ile de la Déception » qui se retrouve plus au nord.  Nous quittons lentement le 65ième parallèle pour revenir vers un autre monde.  L’Antarctique : un bout du monde exceptionnel à voir….